En France, si l'espérance de vie augmente, les inégalités perdurent (un ouvrier vit en moyenne 7 ans de moins qu'un cadre supérieur) et les difficultés d'accès aux soins s'aggravent. - En 2011, 29% des Français ont renoncé ou reporté des soins, faute d'argent, contre 11% en 2009. Notre système est à deux vitesses, un pour les riches, un pour les plus modestes. La multiplication des dépassements d'honoraires (+ 6% en 2010) et les déremboursements n'arrangent rien. Les écarts se creusent entre les patients de catégories socio-professionnelles aisées, bien informés et bien suivis, et les autres. Qu'en sera-t-il en 2020 si, comme les experts le prédisent, le temps consacré aux malades diminue encore de 40% ?
- Ce n'est pas parce que les soins sont plus chers qu'ils sont meilleurs. La solidarité, ce n'est pas rembourser des médicaments qui n'ont pas fait la preuve de leur efficacité : en plus des drames humains, le Médiator a coûté 1 200 000 euros à la Sécurité Sociale ! Les médecins s'interrogent : « hyperspécialisation », manque de moyens, paiement à l'acte, surcharge, isolement... et l'hôpital étouffe : fermeture de dispensaires, désertification médicale... Les urgences ont accueilli 16 millions de personnes en 2010 (contre 9 millions en 2000). Mis en concurrence avec les cliniques privées, l'hôpital doit devenir rentable.
SORTIR DE LA LOGIQUE COMPTABLE :
- Des accueils d'urgence sont supprimés, des blocs opératoires fermés le soir, on réduit les effectifs, cette logique comptable conduit à l'hécatombe. Notre système de soins est basé sur la solidarité mais il se dégrade. Aujourd'hui, franchises, forfaits, encadrements des tarifs, dépassements d'honoraires se généralisent, à l'hôpital, les indicateurs de performance prennent le pas sur la qualité des soins. La santé devient un marché captif ! Les patrons des grands groupes d'assurances privés et des laboratoires pharmaceutiques l'ont très bien compris. Pourtant, on ne doit pas éviter de se soigner lorsque l'on est malade.
- La bonne médecine n'a rien à voir avec la rentabilité et le profit, bien se soigner ne se résume pas à un acte technique ou le métier de chirurgien à opérer. Les cliniques privées traitent principalement les cas les plus simples, les malades atteints de pathologies lourdes sont accueillis à l'hôpital qui ne sélectionne pas et soigne chacun. L'enseignement et la formation des chirurgiens, le travail en équipe, c'est aussi dans le public qu'ils se font. Mais il est difficile de travailler à l'hôpital car les moyens régressent, on ferme les chambres...
- Il faut sortir de la logique de rentabilité qui tue le public. Des médecins sont nécessaires, pas des comptables rivés sur des chiffres et éloignés de la réalité du terrain. Des moyens conséquents sont indispensables. Ce n'est pas soigner qui coûte cher, car les patients qui n'ont pas les moyens d'aller chez le praticien aggravent leur état et requièrent plus de soins.









