28/09/2011

LE JOINT FRANCAIS MAIZIERES
MAINTIEN DU SITE ET DES EMPLOIS : UN IMPERATIF

Régis Garnichat, délégué syndical CGT, secrétaire du CE, représentant au CEE SNC Le Joint Français.


En juillet dernier, les salariés occupaient jour et nuit le site du Joint Français à Maizières. Pour mieux comprendre et découvrir cette société, l'espace-citoyen a rencontré Régis Garnichat.

Régis, peux-tu nous expliquer ce que représente le Joint Français ?
- Sur Maizières, c'est trente salariés en CDI avec un volet d'intérimaires d'environ dix personnes.. Cest une dizaine de salariés extérieurs (maintenance, entretien, ménage et gardiennage). Nous produisons à 80% des produits pour l'automobile, solvants, étanchéité... et à 20% des produits pour le bâtiment, mastic, joints... Nous faisons partie de la branche chimie. Le Joint Français est affilié au SNC Le Joint Français (composé de cinq sites en France dont Bezons dans le Val d'Oise) qui est affilié au groupe Hutchinson, soit vingt sites avec 10 000 salariés, qui est affilié au groupe Total.


Qu'est-ce qui a déclenché votre mouvement en juillet ?
- C'est l'annonce du projet de transfert de notre activité sur Bezons dans le Val d'Oise avec des propositions de reclassements là-bas ou sur les autres sites. Les salariés ont immédiatement voulu exprimer leur désaccord et exiger le maintien du site et des emplois sur Maizières.

Quels arguments vous confortent dans cette lutte ?
- Les bénéfices nets de la SNC/LJF, c'est trente millions d'euros. Les bénéfices nets de Hutchinson représentent 320 millions d'euros en 2010 et 2011 s'annonce aussi profitable. Pour Total, c'est dix milliards en 2010. Le Joint Français à Maizières, c'est environ neuf millions de chiffre d'affaires. Pour ces géants, récupérer ces quelques millions de CA, c'est tout de même pas essentiel, par contre pour les salariés et leurs familles, leur travail ici, c'est vital.

Après le vote de la reprise du travail, quel est l'état d'esprit des salariés ?
- C'est vraiment le sentiment du pot de terre contre le pot de fer. Et malgré des témoignages de solidarité, ils se sentent pour l'instant assez seuls dans ce combat.

La reprise du travail s'est faite fin août, quelle est la situation actuellement ?
- Il y a du travail, le carnet de commandes est bien rempli, par contre tous les produits fabriqués sont vidés du site et stockés sur Troyes, on se demande pourquoi ? Dans le protocole de fin de conflit, nous avons obtenu qu'il n'y ait aucune sanction et des facilités pour la paie, mais sous un calme apparent, la direction manoeuvre. Même si elle vient d'être contrainte d'y renoncer, elle vait mis en place un point-conseil malgré l'absence d'un vote officiel de CCE. Des visites ont été organisées sur les différents sites. Onze salariés pourraient bénéficier de la préretraite Amiante. Pour une mesure légitime, elle espère ainsi faire passer la mort du site.

Alors, Maizières c'est fini ?
- Absolument pas, on ne se résigne pas. On ne peut pas accepter de mettre cinquante familles dans la tourmente, dégrader encore plus l'emploi, les activités dans un département déjà sinistré pour un "caprice" de milliardaires à savoir toujours plus de profits.

Quelles actions envisagez-vous ?
- Nous utilisons déjà tous les moyens du CE : expertise comptable afin de démontrer la viabilité du site, expertise du CHSCT sur les risques psycho-sociaux induits par ces déménagements. Au niveau syndical, nous voulons mettre en place une solidarité et une coordination sur tous les sites du groupe Hutchinson.

Et plus spécifiquement au niveau du site local ?
- Nous réfléchissons à des actions plus spectaculaires de sensibilisation dans les médias et dans la population. Nous voulons aussi interpeller les élus politiques. Dans le département, nous avons des maires, un député, un ministre de l'économie et des finances, François Baroin. A les entendre, leur souci majeur, c'est l'emploi, l'emploi, l'emploi. Alors qu'est-ce qu'ils attendent pour favoriser le maintien des emplois sur le site de Maizières ?

Un dernier mot à ajouter ?
- Simplement, l'emploi, c'est la vie pour les salariés, les familles, c'est la vie pour les communes. Il faut tous se mobiliser pour sauver de la mort le site de Maizières.
Interview réalisée par Ginette Triché

25/09/2011

ROMILLY POLLUE PAR LES EMPRUNTS TOXIQUES

De nombreuses collectivités locales et établissements publics français ont souscrit des "emprunts toxiques".

- Ce sont des emprunts pour partie à taux fixe et, pour une autre partie, à taux variable. Avec la crise du capitalisme, de nombreuses communes ont vu les taux d'intérêts de ces emprunts grimper en flèche et le surcoût creuse un peu plus l'endettement. La situation pourrait empirer. Jusqu'où ?

- Romilly n'est pas épargnée et les premiers emprunts concernés datent de 2006 : trois ont été effectés auprès de la banque Barclays, puis, en 2007, un autre auprès de la HSBC (Hong Kong & Shanghai Banking Corporation). Le surcoût engendré avoisinnerait les 2 500 000 euros. Sous l'ère Vuillemin, un emprunt chez Dexia serait à l'origine d'un surcoût de 1 900 000 euros.

- Au total, le montant de ces emprunts s'élève à 22 224 000 euros avec un surcoût de 4 491 000 euros (le ratio surcoût/montant total est de 20,21%). Il n'est pas difficile d'imaginer qu'une compétence appropriée aurait permis d'éviter ce gaspillage et que 4 491 000 euros auraient été bien utiles par ailleurs pour satisfaire les besoins des Romillonnes et des Romillons.

17/09/2011

TABLEAU NOIR DE RENTREE

"Il est temps que cela change","nous avons besoin d'une autre politique"... ils sont nombreux les romillons que nous rencontrons au cours de cette rentrée et qui nous expriment leur exaspération.

- Alors que le maire, E. Vuillemin, avait promis la création de 150 emplois chaque année de son mandat, le chômage a au contraire progressé de plus de 50% en trois ans à Romilly, suivant la peu glorieuse courbe nationale... en pire ! Il engendre des difficultés toujours plus importantes pour les familles et de légitimes inquiétudes face à l'avenir.

- La mauvaise gestion de la droite locale a conduit à un endettement record et remet en cause les besoins des romillons. Le plan "sexennal" fièrement arboré en 2008 est oublié ; l'emprunt à tour de bras n'est plus possible et le centre culturel, la halle couverte, le zoo, les "32 à 50 emplois de la zone commerciale du reclassement de la friche Sorotex", la nouvelle école Mignonnette, etc. sont enterrés. Le projet de la nouvelle piscine prend l'eau de toutes parts.

- La politique municipale ne répond pas aux attentes des associations dont l'objectif est de tisser du lien social entre toutes les couches de la population au travers de toute une palette d'activités.

- Notre espace citoyen a organisé au mois de mai une rencontre avec les habitants sur l'avenir du cinéma Eden. Elle a débouché sur la création d'un collectif de défense. Déjà, plus de 1 650 personnes se sont engagées en sa faveur pour refuser un multiplexe à la réussite hypothétique dans la zone commerciale de la Belle-Idée. Celui-ci serait la condamnation à mort de notre cinéma communal, véritable patrimoine culturel local avec des incidences sociales et économiques. Des initiatives sont prévues cet automne, parallèlement à la poursuite de la campagne de signatures. Le multiplexe n'est rien d'autre qu'un "produit d'appel" pour les commerces situés à la sortie de la ville.

- Etre élu n'autorise pas à remettre en cause 25 années de travail qui répondent aux besoins culturels de romillons. Ce multiplexe n'était pas prévu à la base et cette tromperie ne doit pas favoriser la primauté d'intérêts financiers particuliers sur l'intérêt général. La population et les commerçants se mobilisent pour résister. Le bon sens doit l'emporter.

- Il n'y a pas de fatalité, notre ville a besoin d'un véritable changement, d'une alternative politique. Les valeurs de gauche restent ancrées dans la population et nombreux sont ceux qui souhaitent une autre politique audacieuse, combative et progressiste. Notre objectif, à leurs côtés, demeure une majorité pour impulser cette politique de gauche axée sur la lutte pour l'emploi, la justice sociale, une vraie solidarité autre que l'assistanat, l'éducation et l'associativité. C'est possible, ensemble nous y parviendrons.
Dany Bouteiller

01/09/2011

LA MISERE PROGRESSE ENCORE

Depuis près d'un an, notre espace citoyen, notamment par l'intermédiaire de notre blog, ne cesse d'alerter sur la situation préoccupante de la population de la communauté de communes.

- Le niveau de vie des ménages est inférieur à la moyenne départementale, elle-même inférieure à la moyenne nationjale. Les familles connaissent des difficultés financières et le dernier rapport de l'INSEE sur la pauvreté en France n'est guère rassurant pour l'avenir. En France, 8,2 millions de personnes vivent en dessous du seuil de pauvreté : 13,5% de la popoluation en 2009 (5% de plus qu'en 2008). Cette situation est indigne d'une économie pourtant au 5ème rang mondial. Ces chiffres sont malheureusement en dessous de la réalité car ils remontent à 2009 et tous les indices montrent que la misère a encore gagné du terrain.

- D'autres facteurs sont à prendre en compte : un français sur deux n'est pas parti en vacances cet été, 39% des français ont renoncé à des soins qui leur étaient prescrits pour des raisons financières ; tous les français n'ont pas accès au sport, à la culture... Depuis 2002, la droite a multiplié les cadeaux aux plus riches et s'est archarnée sur les plus fragiles en organisant la chasse aux pauvres, souvent accusés de tous les maux. Travail non rémunéré pour les chômeurs, accusations de fraudes aux allocations de chômage, menaces sur le versement des allocations familiales, réduction des moyens du SAMU social... cette politique est dangereuse, d'autant plus que tous les effets de la crise ne sont pas encore subis.

27/08/2011

TROIS QUESTIONS A JANY ROUSSEAU

Jany, la section cyclotourisme du RS10 a décidé d'être solidaire avec "les musicales du quai de la Pallée". Quelle est votre démarche ?
- "Les musicales du quai de la Pallée" aident les personnes atteintes de déficience mentale à s'intégrer dans la vie de tous les jours. Cette association s'est lancée dans l'autoconstruction d'un établissement de services et d'aide par le travail. Le RS10-cyclotourisme a donc décidé de se montrer solidaire en participant avec ses moyens au financement de la salle de repos. Pour cela, 8 cyclotouristes se rendront à Médicina (Italie), ville jumelée à Romilly, pour effectuer 1 033 kms en 6 étapes au mois de septembre prochain. Chaque kilomètre parcouru est vendu et proposé à 2 euros : les bienfaiteurs peuvent en acheter autant qu'ils le désirent. Chaque euro fera que l'aventure servira une juste cause. Les dons peuvent être défiscalisés. Nous comptons sur la solidarité de chacun.

En pratique, comment vous organiserez-vous ?
- Notre projet sportif a demandé une année de préparation, nous réglons les derniers détails et peaufinons notre condition physique. Le jour du départ, chaque cyclo aura effectué entre 5 000 et 9 000 kms depuis janvier. Jany, Jean-Claude, Hervé Rousseau, François Bourgin, Gérald Pellé, Jean-Pierre Choiselat, Jean-Pierre Beaudoin et Marcel Fessard partiront le 10 septembre à 7 h 30 avec deux départs : l'un devant la mairie, l'autre devant l'ESAT. A Parme, le président des "musicales du quai de la Pallée", Paul Damota, et des cyclistes de Médicina nous rejoindront pour effectuer l'ultime étape. Des jeunes des écoles de cyclisme nous ouvrirons la route dans les derniers kilomètres et, à l'arrivée, les élus nous attendront devant la mairie. Le soir, après le grand spectacle inaugural, nous serons présentés à la population. Pour les 3 jours de la Fête du Jumelage et des fêtes médiévales de Barbarossa, la municipalité a confectionné de grands panneaux expliquant notre démarche et appelant à faire des dons. Ces panneaux seront exposés dans les endroits "stratégiques" de la ville ainsi que des urnes.

De retour à Romilly, quelle suite donnerez-vous à vos efforts ?
- Nous nous sommes engagés à réaliser nous-mêmes les travaux de finitions de la salle de repos dans le futur établissement : pose du sol, du plafond, peinture, aménagement de l'espace (meubles, TV, baby-foot, etc.) selon la somme collectée. Il n'était pas question que notre geste de solidarité s'arrête aux efforts cyclistes. D'ailleurs, plusieurs d'entre nous sont fortement investis dans l'association. Il est à notetr que le coût du raid est entièrement financé par les cyclos, diverses subventions et partenaires et qu'il sera l'occasion de rendre hommage à Michel Bounnat, fondateur de notre club, et 2 cyclos de l'ASCD Médicina : Nilo Cuppini et Gino Selleri. Nous avons souhaité que la salle de repos se nomme salle Médicina. Le maire, que je suis allé voir 3 fois cette année, a donné son accord et a promis qu'un représentant de la municipalité sera présent à l'inauguration de l'ESAT. Ainsi la boucle est bouclée.

14/08/2011

1 500 PERSONNES ONT DEJA REJOINT LE COLLECTIF DE DEFENSE DE L'EDEN

Notre collectif citoyen a organisé au mois de mai une rencontre avec les habitants de Romilly sur l'avenir du cinéma Eden qui a débouché sur la création d'un collectif de défense.

- L’annonce par la communauté de communes, présidée par Guy Allart, d’autoriser l’ouverture d’un cinéma multiplexe de 6 salles sur la zone commerciale de la Belle-Idée met le cinéma Eden en danger. Cette décision est contraire aux engagements pris lors de la présentation du projet d’aménagements commerciaux sur la seconde tranche de cette zone. Aujourd’hui, nous constatons que cela a été rendu possible car le cahier des charges et le règlement de consultation des promoteurs n’étaient pas suffisamment contraignants. Dès le lancement de la procédure, ceux-ci auraient dû interdire tout transfert d’activité, ce qui aurait rendu non recevables les dossiers ne respectant pas cette règle. Toutefois, soulignons que le projet SORODI pour obtenir l’acquisition des terrains ne comprenait pas la réalisation d’un cinéma multiplexe. Il y a donc rupture de l’engagement initial pris devant les élus de la communauté de communes. Nous nous interrogeons par ailleurs sur le silence de la majorité de ces élus alors que ce dossier se noue d’un mélange des genres entre intérêt public et intérêts privés très préoccupant.

FERMER L’EDEN, C’EST RENIER L’HISTOIRE DE LA VILLE :
- Il fonctionne depuis 1913, n’a cessé d’être amélioré pour s’adapter aux transformations de la technique cinématographique (cinémascope dès 1960, dolby en 1985, son numérique en 1997).
Menacé de disparaître à la fin des années 70, c’est toute une génération qui devait se rendre à Troyes pour regarder les films après la fermeture de 1980. Une vaste réflexion fut menée sur une nouvelle création d’un cinéma. Celle-ci partie de la Maison des Jeunes et de la Culture et de la Jeune Chambre Economique puis gagna l’ensemble de la ville, le conseil municipal s’en empara et profita de la politique d’encouragement au cinéma menée par le Ministre de la culture de l’époque Jack Lang. Celle-ci prévoyait de privilégier la réhabilitation des anciennes salles et le choix se porta sur l’Eden.

- Suivra une belle page des 25 dernières années commencée par la réouverture brillante des salles Carné et Truffaut, le classement de la salle Truffaut en salle d’Art et Essai, et une programmation toujours en prise avec l’actualité ponctuée d’avant-premières et d’événements exceptionnels avec la venue d’artistes et de metteurs en scène de premier plan. C’est d’ailleurs cet esprit qui a présidé aux festivités du 25ème anniversaire du cinéma organisé par cette même municipalité qui veut maintenant le rayer de la carte ! Pour toutes les générations, l’Eden représente un lieu de vie, de rencontres, un loisir, un plaisir. Le cinéma a fait revivre notre ville : la culture cinématographique était à la portée de tous ! Nous sommes en présence d’une structure de trois salles et d’un hall d’expositions. Une salle est mise à disposition d’associations et répond pleinement aux attentes de la population. A cet argument, M.Vuillemin a répondu que le cinéma « Art et Essai » pouvait être laissé à l’Eden. M. le Maire n’a-t-il pas l’idée de confier la partie rentable à l’espace ludique privé et ce qui ne l’est pas restant au cinéma public ?
Et d’ajouter qu’une autre vocation pouvait être donnée à cet équipement !

FERMER L’EDEN EST UN CONTRE-SENS CULTUREL :
- Il appartient au patrimoine culturel et social de notre ville. Que deviendra-t-il ? S’il ne fonctionnait pas, la réflexion de la ville serait compréhensible. C’est précisément celle-ci qui a été menée il y a 30 ans. Mais aujourd’hui, le succès est acquis et le cinéma couvre toute une palette du 7ème art. On peut être assuré que le multiplexe privilégiera les films « rentables », laissant dans l’ombre les films plus difficiles, notamment ceux diffusés dans le cadre de l’association des cinémas d’art et essai. L’actuel cinéma présente cet avantage de couvrir le cinéma commercial et le cinéma plus exigeant. Notons que le directeur actuel de l’Eden, Patrick Brouiller, est le Président de l’Association du cinéma d’art et essai qui a su faire de l’équipement de l’Eden un outil à la fois commercial et culturel. Le multiplexe a toute chance de ne plus être qu’un outil commercial, dans l’esprit de l’hypermarché voisin.

FERMER L’EDEN EST UN CONTRE-SENS SOCIAL :
- Dans une ville où l’accès aux biens culturels est difficile à la fois pour des raisons sociologiques et économiques, l’Eden a l’avantage de pratiquer des tarifs sociaux, d’organiser des séances ciblées sur des publics particuliers (scolaires, anciens) avec tarifs adaptés. Aujourd’hui, on nous parle d’argent, de promoteurs qui veulent s’enrichir sur le dos des cinéphiles. Mais à quel prix ? Pour tous les amoureux du 7ème art, le grand écran doit rester à la portée de tous ! Nul doute que la promotion de publics dont l’accès au cinéma est freiné par des considérations économiques et sociologiques n’intéressera pas un cinéma à vocation exclusivement commerciale.

FERMER L’EDEN EST UN CONTRE-SENS ECONOMIQUE :
- Le centre-ville se meurt et le cinéma restait un des derniers éléments attractifs. Le rayer de la carte est une aberration économique. Tout se passe aujourd’hui comme si la ville était livrée à la seule loi du marché : on laisse se dévitaliser des quartiers entiers sans chercher à maintenir les équilibres urbains. On torpille volontairement le cinéma qui fonctionnait bien pour un équipement dont la réussite reste hypothétique. Actuellement, L’Eden est financièrement en équilibre précaire avec 70 000 entrées annuelles. Le multiplexe serait rentable avec au moins le double d’entrées. Qui peut parier sur sa réussite ? Le risque est l’ouverture d’un multiplexe, le fonctionnement quelques années soutenu par l’effet de mode et des promotions commerciales, puis fermer, faute de rentabilité. Comme entre-temps il aura condamné l’Eden, il n’y aura plus de structure ! Faudra-t-il de nouveau se rendre à Troyes, à Sézanne ou à Nogent ? Attachés à la diversité, à l’échange, aux valeurs de solidarité, nous pensons que le cinéma Eden doit vivre, les moyens de son existence doivent être assurés, c’est une exigence essentielle qui doit être entendue. Il appartient désormais aux habitants de notre région et aux cinéphiles de se mobiliser afin que le rideau ne tombe définitivement sur l’écran des salles de l’Eden. 1500 personnes ont déjà rejoint le collectif de défense de l'Eden, des initiatives verront le jour à la rentrée de septembre.
Dany Bouteiller

08/08/2011

FINANCES LOCALES... SUR LA PAILLE ?

Depuis 2008, Eric Vuillemin dirige Romilly et l'endettement a fait un bond de 30%, passant de 912 à 1 289 euros par habitant.

- En plus de la mauvaise gestion de l'UMP locale, d'autres raisons poussent au pessimisme. Chaque année, L'Observatoire des Finances Locales établit un rapport sur leur évolution et selon son président, André Laignel, il est constaté une érosion continue de leurs moyens. Leurs capacités financières limitent leur possibilité de faire face aux attentes des citoyens. En 2010, leurs dépenses de fonctionnement ont évolué de 2,2% alors que la Dotation Globale de Fonctionnement versée par l'Etat ne progressait que de 0,8%. Cet écart confirme et accentue l'effet « ciseau » constaté chaque année sans interruption depuis 2007.

- A la baisse des dépenses d'investissement et la hausse de la dette s'ajoute une chute sans précédent des subventions d'équipements accordés aux communes par les départements (à quand la nouvelle piscine, le stade des Hauts-Buissons, la salle de gym, le dojo... promis ?). Cette situation impacte ainsi par un "effet domino" les capacités futures d'investissements des communes comme des intercommunalités.

- Pour 2011, les perspectives semblent tout aussi préoccupantes. La reprise de l'inflation et la hausse des taux d'intérêt tirent vers le haut alors que les recettes sont, au mieux, stagnantes voire en déclin : baisse de la DGF de 0,21%, à laquelle s'ajoute le gel des autres dotations et notamment de la compensation de la taxe professionnelle. De plus, le bricolage des réformes successives et les fortes incertitudes sur le véritable impact de la suppression de la taxe professionnelle, mais aussi sur le financement de la péréquation et le coût de la nouvelle carte de l'intercommunalité, placent les décideurs locaux dans un contexte instable et imprévisible qui entrave leur capacité à anticiper et limitent leur liberté d'action.

- Tous les éléments d'une aggravation des difficultés financières des communes sont en place, rendant difficile pour les élus locaux de se projeter vers l'avenir en freinant la modernisation des territoires et la qualité des services publics locaux. Très concrètement, cette situation traduit les effets néfastes des politiques de droite, nous en avons l'exemple au niveau local, au niveau départemental comme au niveau national. Vous avez dit préoccupant ?
Dany Bouteiller

01/08/2011

LA VIOLENCE DES CASSEURS

La crèche municipale licencie ! Elle dépend du Centre Communal d’Action Sociale présidé par Marie-Annick Commenil (candidate UMP aux dernières élections cantonales).

- Convoquées le 20 juillet dernier pour un entretien préalable à un licenciement, deux assistantes maternelles se sont vues remettre dans l’après-midi même leur lettre de révocation par la Police Municipale. Dans notre cité, il ne reste donc plus que trois assistantes… Qu’il est loin le temps où plus de 20 étaient employées par la crèche municipale. Mais il est vrai qu’une véritable politique de service public était mise en œuvre en direction des familles et de l’enfance à cette époque.

- Après le non-remplacement des départs à la retraite au sein des services municipaux, les licenciements les ont maintenant supplantés. La conseillère municipale communiste Rolande Barthélemy a rencontré Mme Commenil pour évoquer les conséquences d'une telle politique. Celle-ci a rétorqué que les problèmes trouvaient leur origine du fait d'un manque d'enfants et que les deux dernières personnes embauchées en faisaient les frais.

- Il est toutefois regrettable que cette question n'ait pas été débattue au dernier conseil d'administration du CCAS. D'autre part, un reclassement n'était-il pas possible ? Ces actions ne sont-elles pas un pas vers la suppression des assistantes maternelles ? Dans une ville où le chomage a progressé de plus de 50% depuis qu'Eric Vuillemin en est le maire, ceux qui avaient promis la création de 150 emplois chaque année à Romilly en sont maintenant les casseurs.
Dany Bouteiller

22/07/2011

TOUS ENSEMBLE, SAUVONS L'EDEN !

Chaque jour, la mobilisation pour sauver notre cinéma Eden s'amplifie.

- Une large majorité de la population romillonne et des environs s'oppose à la réalisation d'un cinéma multiplex sur le parc de l'aérodrome, mettant en péril notre structure cinématographique qui a vu sa renaissance en 1985 grâce à la municipalité de gauche à direction communiste. Inaugurée par des "figures" du cinéma français, Carné et Truffaut, cela a valu à Romilly d'être primée par FR3 Champagne-Ardenne Ville de l'année pour le nombre et la qualité de ses équipements.

- A cette mobilisation grandissante, s'est adjointe celle des commerçants du centre ville dont beaucoup ont apposé cette affichette : "non à la fermeture de notre cinéma Eden". Si cette sombre perspective venait à se concrétiser, ce serait un nouveau coup dur pour l'activité commerciale.

LES ENGAGEMENTS PRIS EN 2007 ET 2008 DOIVENT ETRE RESPECTES
- En 2007, en effet, pour obtenir ce projet, l'actuel promoteur s'était engagé au dernier moment devant les élus de la Communauté de communes à ne pas réaliser de multiplex. De plus, en septembre 2008, le conseil communautaire a voté le projet d'aménagement de la 2ème tranche commerciale sans multiplex. Ce n'est qu'en octobre 2010 qu'il a refait surface. Que s'est-il donc passé entre ce moment et celui où le projet de multiplex avait été abandonné ?

- Pourquoi le maire et le président de la Communauté de communes n'ont-ils pas fait appliquer les décisions de 2007 et 2008 ? Aujourd'hui, un constat s'impose : une grande majorité de la population est opposée à ce projet. Il faut en tenir compte et il revient au promoteur de proposer une autre activité qui n'existe pas dans le secteur. Afin d'obtenir cette sage décision, la mobilisation doit encore s'amplifier.

ROMILLY S'ENDETTE DANGEUREUSEMENT
- Le compte administratif 2010 a permis de constater une progression de l'endettement (+14,5% par rapport à 2009) engendrant une augmentation importante des charges financières. Depuis l'arrivée de la majorité UMP à la gestion de Romilly, l'endettement par habitant a explosé (+30%), passant de 912 € en 2008 à 1 289 € en 2010.

- Pour y faire face, les services à la population sont réduits, les départs à la retraite des agents communaux ne sont pas remplacés et le patrimoine municipal est liquidé au profit de promoteurs privés. Et dire qu'en 2008, certains ont affirmé que cette équipe était mieux à même de gérer les affaires municipales !!!
Joë Triché, Rolande Barthélemy, Christophe Latrasse, Hélène Turquin, Angélique Cheikh, conseillers municipaux.

18/07/2011

LE COMMERCE DU CENTRE VILLE A L'AGONIE

Il suffit d'aller faire ses courses dans les commerces du centre ville pour sentir qu'un malaise ambiant s'est installé.

- En effet, les affaires ne sont pas "folichonnes", faute à la crise, peut-être, au chômage record à Romilly, sûrement (près de 1 500 chômeurs) ; mais surtout du fait de la présence des grandes et moyennes surfaces qui ont changé les habitudes de consommation de bon nombre d'habitants. Comme on peut le constater, l'apparition des grandes surfaces a marqué la disparition progressive des commerces de proximité du centre des villes moyennes. Le petit commerce souffre de la concurrence des grandes surfaces et le développement inconsidéré de la zone commerciale de la Belle Idée va sans aucun doute amplifier cette agonie.

- On peut déjà dénombrer la disparition de 4 magasins en Boule d'Or (dont Cache-Cache, délocalisé à la Belle Idée) et 6 dans la rue Gornet-Boivin. L'instauration de la zone bleue risque aussi de dissuader les clients potentiels. Pourvu que l'idée ne vienne pas à nos édiles, en plus, d'y installer des parcmètres : la boucle serait bouclée, le noeud coulant resserré !

- L'annonce de l'arrivée de nouvelles activités sur l'aérodrome, qui en condamne d'autres à mort, ne rassure pas les commerçants. La construction d'un multiplex de 6 salles tuera notre beau cinéma Eden. Un comble puisque le promoteur s'était engagé dans son projet à ne pas construire une telle infrastructure. Mais, bizness-bizness, les élus UMP de la municipalité et de la communauté de communes se sont couchés devant les exigences de marchandising du big boss. La colère gronde chez les commerçants et dans beaucoup de vitrines sont apparues des affichettes : "non à la fermeture du cinéma Eden".

- Et puis attention, le multiplex n'est pas le seul danger. Dans les cartons du promoteur, il y a d'autres projets comme la réalisation d'une salle de bien-être et de remise en forme qui pourrait mettre un terme à ce qui existe dans l'associatif. En exerçant de nouvelles pressions sur les élus de la majorité, la future piscine (???) ne pourrait-elle pas rejoindre la zone commerciale ? Et pourquoi ne pas imaginer qu'un jour les marchés du lundi et du samedi se tiennent sur le parking de l'hypermarché ? Avec eux, tout est possible. Il est grand temps aujourd'hui d'arrêter le bras de ces casseurs et requins de la finance dont la seule préoccupation est : le fric, le fric, le fric !
Christian Barthélemy

04/07/2011

LES AUTRES QUESTIONS DU CONSEIL MUNICIPAL

Le conseil municipal-marathon du 23 juin avait aussi à son ordre du jour les questions suivantes.

- Transfert d'emprunts souscrits par la Ville pour le transit et le traitement des eaux usées au syndicat intercommunal des eaux usées des Moulinaires.
- Garantie de 2 prêts à hauteur de 50% contractés par la fédération des APAJH afin de financer le projet de construction d'un foyer d'accueil médicalisé à Romilly.
- Garantie à hauteur de 80% d'un emprunt de 1 400 000 € contracté par la SA MON LOGIS pour la construction de 9 logements rues Diderot, de Martonne et Môquet. Idem pour un autre de 1 641 000 € pour l'amélioration de 8 logements rue P. Semard. Idem pour 389 000 € afin d'acquérir 4 logements place des Martyrs. Idem à hauteur de 31,25% sur 3 200 000 € pour l'acquisition de 13 logements et d'un bâtiment communal.
- Création d'un emploi de technicien territorial, d'un emploi d'ingénieur principal territorial, de 3 emplois d'adjoints territoriaux d'animation principaux, d'un emploi d'agent territorial spécialisé principal. Prolongation de la mise à disposition d'un agent municipal à la MEFER, création d'un emploi d'adjoint technique territorial à 28 h hebdomadaires.
Le mot "création" est inapproprié car il s'agit en fait de promotions internes.
- Fixation des tarifs pour le prochain Village Gourmand.
- Adhésion de la Ville à Aube Initiative (association de soutien à des projets d'entreprises nouvelles).
- Fixation des tarifs de location à la pépinière d'entreprises.
- Bail commercial avec le Coq Sportif pour une location de bâtiments, av. de la Liberté, à hauteur de 114 000 € par an.
- Bail commercial avec Médiapost pour une location à l'hôtel d'entreprises : 19 500 € par an.
- Vente au Département de parcelles communales pour la réalisation de la rocade nord (RD 440).
- Remise de pénalités de retard de paiement de la taxe locale d'équipement.
- Convention de rétrocession de voiries, espaces communaux et réseaux divers de la future zone d'activités de l'aérodrome.
- La route entre le carrefour Diderot-Val Thibault & le carrefour RD 164 (ancienne route de Paris) est baptisée avenue André-Malraux.
- Cession d'un propriété communale, à l'angle de la rue et du passage Julian-Grimau, à Romilly-Immo pour 54 000 €.
- Convention pour le transport et le traitement des effluents de la commune de Maizières vers Romilly et convention d'échange de fourniture d'eau entre ces deux villes.
- Reconduction de la convention pour l'implantation d'un pylône et d'équipements techniques au stade municipal avec la sté Orange France.
- Réfection de la voirie rue Carnot.
- Création d'un poste d'assistant d'enseignement au conservatoire municipal de musique. Augmentation des tarifs : + 3% pour les romillons ; + 5% pour les aubois ; + 10% pour les extérieurs au département.
- Subventions exceptionnelles de 550 € pour l'association des dons d'organes, de 200 € pour l'opération Orange de soeur Emmanuelle, de 5 000 € à l'AFMR.
- Reconduction du droit de pêche dans divers canaux traversant la commune.
- Programmation du fonctionnement du contrat urbain de cohésion sociale en faveur des habitants défavorisés en zone urbaine sensible.
- Réhabilitation du sol du gymnase Bardin-Gousserey.
- Modalités du concours des maisons fleuries.
- Adhésion de la Ville à l'association "La Seine partagée" qui aide les communes à valoriser leur riveraineté et protège le fleuve.
- Proposition d'un règlement de collecte des ordures ménagères pour la communauté de communes.
Un débat plus long aurait été nécessaire sur le projet départemental de coopération intercommunal de l'Aube. Nous y reviendrons.
- Travaux de transformation en multi-accueil de l'école Langevin.
- Mise à disposition d'un bloc sanitaire situé place de la Gare.
- Réhabilitation de la 2ème partie de la friche industrielle du Coq Sportif : demande de subvention au titre de la dotation d'équipement des territoires ruraux.
- Avis favorable pour la création d'un poste supplémentaire d'enseignant à l'école de Lion.

27/06/2011

LES MOULINS A VENT DE LA DROITE

Le collectif contre la suppression de 13 postes d'enseignants à Romilly s'était invité au conseil municipal du 23 juin.

- Il avait adressé un voeu au maire afin que le conseil municipal en débatte et se prononce contre ce mauvais coup. Pour toute réponse, E. Vuillemin a fait état de courriers échangés depuis février dernier avec le recteur et l'inspecteur d'académie, ajoutant que l'association des Maires de France, présidée par le député-maire UMP, Jacques Pélissard, faisait tout son possible pour arrêter la désertification scolaire.

- Se disant "effondré" par les suppressions de postes, le maire n'a pas pour autant accepté de mettre aux voix le voeu du collectif, suivi par toute la droite municipale. On aurait été surpris du contraire à entendre Eric-le-fataliste : "plus rien ne peut évoluer, la carte est figée et les lycées et collèges ne sont pas du ressort de la ville". Il ne faut donc pas compter sur la majorité municipale pour défendre les intérêts des lycéens et collègiens de notre ville. Dans ce dossier, elle n'a fait que brasser mollement du vent. Cette inertie est à mettre en parallèle avec d'autres municipalités de gauche qui mouillent la chemise en se battant pied-à-pied contre la casse de l'Education Nationale organisée par le gouvernement.

- Mais qu'attendre d'une municipalité UMP, dont l'adjointe UMP M.-T. Lucas soutient la politique gouvernementale - soutien qu'elle a d'ailleurs clairement affiché par ses votes au conseil d'administration du lycée Joliot-Curie - et la met en oeuvre à Romilly, tout comme au Conseil régional. Joë Triché et Claude Maitrot ont regretté cette situation et poursuivront la bataille engagée avec le collectif.

- Les parents d'élèves de la FCPE, arborant des pancartes "suppressions de postes = municipalité complice", ont bruyamment marqué leur réprobation et applaudi à une sortie de la salle du maire (qui ne doit pas assister aux débats sur le compte administratif). Tout un symbole.

24/06/2011

CONSEIL MUNICIPAL : LA DETTE S'ENVOLE !

Malgré la fermeture de l'aérodrome, à Romilly la dette continue de s'envoler.

- Fin 2009, l'encours de la dette était en hausse de 18,64% par rapport à l'année précédente, après un an et demi de gestion par la droite. Au conseil municipal du 23 juin, la droite municipale a adopté le compte administratif 2010 qui permet de comparer les réalisations aux prévisions et de déterminer les résultats à la clôture de l'exercice. En 2008, la dette par habitant était de 912 € ; depuis l'ère Vuillemin, elle est passée à 1 289 €, soit une hausse de 30% : Romilly bouge. Il n'est pas inutile non plus de comparer avec les communes de même importance où la moyenne est de 941 € par habitant. Autrement dit, à Romilly, la dette par habitant est supérieure de 27% à la moyenne nationale.

- Pourtant, la politique de l'actuelle majorité répond de moins en moins aux besoins et aux attentes concrètes de la population, dans une ville qui compte près de 1 500 chômeurs. Les dépenses de fonctionnement - les dépenses utiles à nos concitoyens - sont en baisse du fait de suppressions de services, de leur baisse de qualité ou de leur maintien, mais en les faisant payer. En fait, le maire gère comme un patron qui se féliciterait de ses bénéfices après avoir procédé à des économies sur le dos de son personnel.

- Autre satisfecit de la majorité, les recettes de fonctionnement progressent. En fait, cette augmentation, qui ne sera d'ailleurs pas pérenne par sa nature, provient essentiellement de la vente du patrimoine immobilier communal. Le compte administratif fait apparaître que 51% des prévisions seulement ont été réalisées : c'est peu glorieux.

- Au sein des services municipaux, les départ à la retraite ne seront pas remplacés, 135 postes restent vacants et les employés communaux ont de moins en moins les moyens de travailler dans de bonnes conditions. D. Prieur, l'adjoint aux finances n'a pas convaincu dans son argumentaire selon lequel la capacité de désendettement progressait et en expliquant que la hausse de la dette était due au recours à l'emprunt. Il a même évoqué des "coupes sombres", ce que G. Allard a "avoué".

- La baisse des impôts, promise par Vuillemin-candidat, est à ranger dans le placard des éphémères promesses de sa campagne électorale. La municipalité se contente aujourd'hui d'une absence d'augmentation, tout à fait relative d'ailleurs. A un moment où les collectivités locales subissent l'austérité des mesures du gouvernement de Nicolas Sarkozy, l'endettement à Romilly a tout pour nous inquiéter.
Dany Bouteiller

16/06/2011

LA DROITE S'ATTAQUE AUX GENS MODESTES

A Romilly, le revenu moyen mensuel par habitant (788 €) est de 29% inférieur à la moyenne nationale.

- Bon nombre de romillons perçoivent le RSA (revenu de solidarité active) qui garantit une augmentation des revenus et complète les ressources de ceux qui tirent de leur travail des ressources limitées. Il s'est substitué au RMI et à l'allocation de parent isolé. Aujourd'hui, la droite, avec notamment Wauquiez et Copé - les voix de leur maître Sarkozy -, fait le forcing pour porter des mauvais coups au RSA sous prétexte de lutter contre "l'assistanat, cancer de la société française". Elle propose donc d'imposer à ces allocataires de travailler gratuitement 5 à 10 heures par semaine pour une collectivité. Les collectivités, à l'image de la ville de Romilly, suppriment des emplois (rémunérés) qu'ils pourraient ainsi remplacer par du travail gratuit ! La pauvreté condamnerait-elle à une peine d'intérêt général ?

- Wauquiez fait de la démagogie nauséabonde lorsqu'il annonce vouloir plafonner les allocations à 75% du SMIC au prétexte qu'un couple sans emploi percevrait dans certains cas plus qu'un couple avec une personne en activité et touchant le SMIC. Si une telle situation peut effectivement se produire, elle est loin d'être la règle pour la majorité des petites gens. D'autre part, la fraude aux allocations mise aussi en avant par la droite représente moins de 1% des prestations sociales versées. En revanche, le travail au noir, organisé pour l'essentiel par les patrons représente une perte pour la sécu estimée entre 6 et 12 milliards d'euros ! Sans parler de la fraude fiscale des riches et des entreprises qui prive l'état de 45 milliards d'euros de recettes.

- Le RSA n'est pas de l'assistanat mais un moyen de survivre pour ceux qui sont au bout du bout. Limiter les minima sociaux à 75% du SMIC contribuerait à maintenir sous le seuil de pauvreté près de 8 millions de personnes en France qui vivent avec moins de 950 euros par mois. Le fond du problème ne consiste pas à opposer ceux qui ont un emploi à ceux qui en cherchent, il réside dans l'extension sans précédent du chômage. Romilly et son bassin en connaissent les méfaits. Mais qui supprime des emplois pour faire encore plus de profits ? En vérité, ces attaques n'ont qu'un seul but : préserver à tout prix un système en crise profonde, en aggravant les souffrances des peuples, et tenter d'assurer le maintien aux affaires de ses représentants politiques, quitte à jouer avec le feu en tenant un discours raccoleur en direction de l'extrême-droite.

- Il s'agit, non pas de stigmatiser de faux coupables, mais de désigner les vrais : le "cancer" de notre système, c'est par exemple la quarantaine de grands patrons français qui ont touché en 2010 l'équivalent annuel de 13 800 RSA (102,5 millions d'euros) de rémunérations brutes, alors que, pour beaucoup, leurs entreprises sont sous assistanat massif de fonds publics. Le cancer, c'est Rollier, le patron de Michelin, qui a augmenté en début d'année son salaire personnel de 505% et celui de ses employés de 1,4% ! Le cancer, ce sont les patrons cumulards et multi-casquettes qui font la chasse aux places dans les conseils d'administrations. Entre 2008 et 2010, la rémunération des administrateurs (jetons de présence) a augmenté de 15%. Les assistés ne sont pas les gens modestes mais les riches qui fraudent, siphonnent les finances publiques, échappent à l'impôt en toute légalité. Eux aussi ont des "devoirs" : le premier étant celui de rendre des comptes sur l'utilisation des fonds publics, le second de contribuer sans aucun passe-droit à la solidarité nationale.