19/02/2010

CONSEIL MUNICIPAL DU 16/02/2010 (2)

Si le manque de transparence fut le fait marquant du Conseil municipal, 12 questions ont été traitées au cours de la soirée.

- Principe d’un bail commercial avec la société Sogecoq concernant les locaux situés 60 et 62 avenue de la Liberté pour une durée de 9 ans à partir du 1er août 2010 avec prévision d’une option d’achat. Si par la suite, « le Coq Sportif » devait acheter l’ensemble des bâtiments, l’association « Romilly Patrimoine » est assurée, par le maire, d’avoir à disposition de quoi perpétuer le musée de la bonneterie.

- Le prix des activités de la maison de l’enfance sera minoré de 30% pour les adolescents titulaires du « passeport jeunes ».

- Retrait de l’ancienne station d’épuration et installation de la nouvelle : transfert partiel du contrat d’affermage de 2004 au syndicat intercommunal des eaux usées pour la partie transport et traitement.

- Dans le cadre de la rénovation de la mairie et de l’aménagement de son parvis, l’édifice sera éclairé. Montant : 55 714,29 euros. C. Maitrot fit remarquer que « les travaux interrogent au regard du reste de la rue de la Boule-d’Or. Attention, Romilly n’est pas Versailles ! »

- Construction de vestiaires et de locaux dédiés à l’équipe technique du service des sports. Coût : 435 427 euros.

- Attribution de subventions ordinaires de fonctionnement aux associations pour l’année 2010. 1 million d’euros sera versé aux clubs et autant pour le centre communal d’action sociale. C. Maitrot s’éest étonné que tous les syndicats reçoivent la même somme alors que leur nombre d’adhérents diffère. J.Triché a attiré l’attention sur la vétusté des locaux du Secours Populaire Français qui soutient des personnes en situation précaire. De nouveaux bâtiments sont indispensables. A l’heure où la ville vend à des promoteurs privés, quelles sont les perspectives pour l’accueil des familles dans des conditions dignes ? J.C. Lelouard avoua ne rien avoir à proposer. Le mot de la fin revint à Annie Herskowicz qui, après avoir exprimé que l’association devait chercher de son côté, lâcha : « il faut que chacun se responsabilise un peu ». Les bénévoles apprécieront… Cette remarque est pour le moins malvenue au regard du travail réalisé par cette association dans le domaine caritatif.

- Dans le cadre du cinquantenaire du jumelage, une subvention de 10 000 euros a été accordée au Comité de jumelage. Cette somme pourra être portée à 20 000 euros si le Conseil régional, également sollicité, n’apporte pas son aide. Notons que le Conseil général et la Commission européenne ont refusé toute subvention. Les animations sont prévues lors du week-end de la Pentecôte.

- Le dispositif « Culture du cœur » agit afin que des personnes en situation d’exclusion sociale et économique puissent assister à des manifestations. L’action culturelle municipale sera associée. Des invitations seront distribuées au public concerné par le biais de structures sociales partenaires.

- Le collège Saint-Joseph va créer une classe musicale à horaires aménagés. Les élèves prendront des cours au Conservatoire municipal. Un tarif unique de 45,00 euros par élève et par trimestre sera proposé.

- Dans le cadre des pratiques musicales enseignées au Conservatoire, certains élèves souhaitent pratiquer un instrument supplémentaire. Une tarification a été entérinée en conséquence. Les élèves extérieurs à la communauté de communes de Romilly devront payer plus que les autres. Joë Triché indiqué que les habitants des communes rurales devraient intervenir auprès de leur municipalité afin que, par le biais d’une politique tarifaire adaptée (quotient familial par exemple), elles permettent l’accès à la culture pour chacun à un prix adapté.

- Une portion de l’allée des Sapins a été cédée à une entreprise qui souhaite s’y installer. Rien ne filtra sur l’investisseur ; circulez, y'a rien à voir !
Compte-rendu par Dany Bouteiller

18/02/2010

CONSEIL MUNICIPAL DU 16/02/2010 (1)

Le maire perd les pédales... Spectacle affligeant au Conseil municipal.

Le Conseil municipal du mardi 16 février promettait d’être intéressant puisque la question importante de l’emploi devait y être abordée comme l’avait promis Eric Vuillemin le 23 janvier dernier.

L’EMPLOI EST-IL LA PRIORITE DU MAIRE ?
- Surprise ! D’emblée, le maire refusa d’aborder la question que C. Maitrot lui soumit. Il y revint 45 minutes plus tard mais de façon inattendue. Après un introductif « pendant que certains se questionnent sur l’emploi, d’autres agissent... », Claude Maitrot fut la cible de propos aussi inadmissibles que déplacés de la part du maire. L’élu de l’opposition s’est vu décerner « la palme d’or du bonimenteur » du fait de son annonce récente dans la presse locale de chiffres du chômage qui divergent très nettement de ceux annoncés par la majorité municipale. E.Vuillemin attendant plus de tempérance de la part de quelqu’un qui « ne paie pas ses impôts à Romilly » puis lui reprochant de soutenir les "aviateurs" qui, c’est bien connu, freinent le développement économique de la ville…

- Semblant dans l’incapacité de se contrôler, le maire lança à C. Maitrot : « à force de tanguer, vous allez finir par tomber, arrêtez de tout monter en épingle histoire de vous faire mousser ». Et lorsque ce dernier tenta de répondre en affirmant, par son travail, chercher la transparence et être sur de ses informations, il ne put s’exprimer que quelques instants puisque Eric Vuillemin lui coupa la parole. Le débat sur la question remis une seconde fois au 13 mars, le maire quitta l’assemblée. Avait-il mieux à faire que d’informer et débattre sur l’emploi au sein de l’assemblée communale ?

- Christophe Latrasse qui s’étonna de ne pas avoir de réponse sur cette question posée par écrit depuis plusieurs semaines eut droit à un réponse de M. Bonnefoi, plus mesurée que son mentor : « à la commission économique, des chiffres ont été communiqués sur l’emploi. Je ne les cache pas. » Tout en refusant tout de même de les annoncer devant le Conseil municipal… Nous pouvons nous étonner d’un tel silence, pourquoi tenir secret un domaine qui se doit d’être de notoriété publique ? Comment ne pas imaginer que si le chômage avait reculé dans notre cité, les élus de la majorité municipale ne se seraient pas fait forts d’être les responsables d’un tel bienfait ? Le pessimisme est donc de rigueur sur ce fléau palpable au quotidien à Romilly !

STATION D’EPURATION : QUESTIONS SANS REPONSE
- Si l’attitude du maire sembla disproportionnée sur l’emploi, il faut reconnaitre qu’il avait été malmené quelques instants auparavant par Joë Triché qui avait mis mal à l’aise le premier édile sur la question relative au choix de la société pour la gestion de l’assainissement et de la fourniture d’eau. M. Lelouard n’a pas apprécié les questionnements émis par Joë Triché sur ce sujet au mois de janvier. Ce dernier ne cacha pas cette fois que le rapport présenté lui posait problème.

- Il souhaite la transparence : la procédure d’appel d’offres a-t-elle été menée jusqu'à son terme ? Quels en sont les détails ? Le contrat peut-il être modifié ? Véolia proposait un coût de 251 000 euros à l’origine, il est finalement abaissé notablement à 155 000 euros ; est-ce le prix du marché ou un alignement sur une autre société ? Le maire, agacé, jura qu’il n’y avait pas de délit de favoritisme. Ne proposa-t-il pas le champagne à qui prouverait qu’il « en avait croqué » ? Pourtant, J.Triché fit remarquer que le leg de Ruas avait été transmis dans un état pitoyable, avec des branchements toujours en plomb notamment, et que cette société n’a pas respecté son engagement. Pourquoi la ville continue-t-elle de traiter avec cette entreprise ?

- Dépourvu de toute aisance, le maire se justifia en affirmant avoir demandé « d’augmenter la cadence » pour les mises en conformité, le problème des branchements serait résolu d’ici 2013. D’un tarif annoncé au départ à 251 000 euros, suite à une procédure d’appel d’offres déclarée infructueuse par ce dernier, la négociation aurait permis de passer à 155 000 euros sans prendre de risques judiciaires.

- Pas de suspicion pour J.C. Lelouard, ne travaille-t-il pas avec Véolia « contraint et forcé » tellement ce seraient des « gens désagréables » ? Mais alors, comme pour l’emploi, pourquoi refuser de porter le contenu des offres faites à la connaissance de chacun ? Les romillons n’ont-ils donc pas droit à la transparence ? C’est par une vague promesse d’une communication orale de la part du syndicat de communes associant Pars et Romilly que la discussion s’est close.
A suivre…
Compte-rendu réalisé par Dany Bouteiller
- Lire le compte-rendu du précédent Conseil

17/02/2010

QUELQUES PRECISIONS

Suite au texte du Comité National Olympique que nous avons publié et qui soulève des inquiétudes relatives à la réforme des collectivités, nos « bloggers » souhaitent quelques éclaircissements sur la politique sportive de proximité.

Dans le cadre de la réforme territoriale, la suppression de la taxe professionnelle et de la clause de compétence générale pour les départements et les régions, risquent d’étouffer les collectivités. La suppression des Directions Départementales de la Jeunesse et des Sports et la restructuration régionale depuis le 1er janvier 2010 signent la fin du réseau sport dans le territoire. Pour les collectivités territoriales, des choix vont s’imposer.

DES TERRITOIRES ASPHYXIES ET SOUS TUTELLE :
- En mars 2009, le « comité Balladur » présentait 20 propositions pour réformer les territoires. Départements et régions auront des compétences spécialisées. La clause de compétence, c’est-à-dire celle permettant jusqu’à présent d’intervenir dans tous les domaines présentant un intérêt local, y compris celui du sport, leur sera supprimée. La création de métropoles, qui prendront les compétences des départements et des régions sur leur territoire va réduire considérablement le périmètre de ces derniers.

- La suppression de la taxe professionnelle (40% des ressources des collectivités locales en moyenne) va réduire les moyens d’action. La création de conseillers territoriaux, qui siègeront dans les deux assemblées, en lieu et place des conseillers généraux et régionaux, achève le remodelage de l’organisation du couple département/région. C’est de fait l’institutionnalisation du cumul des mandats. La fusion des communes va être facilitée et encouragée. L’intercommunalité sera achevée fin 2013. Les conseillers communautaires seront élus en même temps que les conseillers municipaux. La restriction des moyens va pousser les communes à abandonner leurs compétences au profit des communautés de communes.

UNE MODIFICATION PROFONDE :
- La base d’organisation de notre pays reposait jusqu’alors sur 4 piliers : commune, départements, région et nation. La loi de décentralisation de 1982 a transféré le rôle exécutif des représentants de l’Etat vers les pouvoirs élus des départements et régions. Les collectivités territoriales devenaient alors « maîtresses » de leur politique et de la mise en œuvre de leur budget sans tutelle préalable du préfet. C’est cette base qui est mise en cause par les réformes pour y substituer, à terme, un tryptique : intercommunalité ou communes nouvelles, métropoles, Europe, s’accompagnant d’un renforcement du pouvoir central omniprésent. C’est dans les faits la fin de la décentralisation et le retour du pouvoir central sous l’autorité des préfets.

- Quelles conséquences pour les clubs et la population ? La RGPP conduisait déjà à la fin d’une politique sportive nationale Jeunesse et Sports. Avec la réforme territoriale, c’est la possibilité d’intervention des Conseils Généraux qui est mis en cause. Actuellement, ils consacrent 600 millions d’euros aux aides aux clubs, comités et ligues et autant aux investissements d’équipements. Avec la suppression de la taxe professionnelle, ce sont les moyens des communes qui sont en jeu. Le scénario prévu par les initiateurs des réformes ne fait guère de doute : affaiblissement considérable du service public et voie dégagée pour le sport marchand…

EXTINCTION PROGRESSIVE DES SERVICES DECONCENTRES DE L’ETAT :
- La réorganisation des services déconcentrés de l’Etat est prévue. Ils vont se confondre dans le réseau des Directions Régionales de la Jeunesse, des Sports et de la cohésion sociale d’une part, et des Directions Départementales interministérielles chargées de la cohésion sociale d’autre part. Ces Directions seront pilotées par le préfet de région et de département. Une rupture avec la politique du secrétariat d’Etat au sport est donc actée « de fait ». En plus de s’éloigner des associations locales, l’Etat va accentuer les inégalités entre des territoires aux politiques et moyens différents.

- Au niveau régional, il est créé des directions régionales de la jeunesse et des sports et de la cohésion sociale. L’objectif est de renouveler le mode d’intervention de l’Etat au niveau régional afin de « mieux répondre aux besoins des concitoyens en améliorant le service rendu aux usagers » et réduire la dépense publique. L’Etat resserre ses services, supprime des postes et définit un champ d’intervention on ne pleut plus large.

- Au niveau départemental, la nouvelle organisation sera articulée autour de la préfecture et de 2 ou 3 directions interministérielles, en fonction de la taille des départements. La Direction départementale de la cohésion sociale et de la protection de la population et, dans les départements de plus de 400 000 habitants, une direction de la cohésion sociale. C’est la disparition de l’échelon départemental des actions de cette mission. Des « préfigurateurs » ont été nommés en mai 2009 pour piloter ces nouvelles directions. Seuls 19 des 95 départements de ces préfigurateurs sont issus du réseau jeunesse et sport, la majorité provenant des affaires sanitaires et sociales. Le réseau sport dans les départements et régions s’éteint à petit feu…
Dany Bouteiller

11/02/2010

QUEL AVENIR POUR LE SPORT ?

Le Comité National Olympique s'inquiète de la réforme des collectivités territoriales qui fait peser un certain nombre de menaces sur l'avenir du sport en France.

Nous publions le communiqué de presse rédigé par le Comité National Olympique et Sportif Français (CNOSF) sur les dangers que représente la réforme des collectivités territoriales pour le sport. Ce texte est issu d’un dispositif de travail spécifique de cet organisme sur les territoires :
- « Le Mouvement Sportif Français au travers du Comité National Olympique et Sportif Français (CNOSF), de ses fédérations et de ses associations sportives, occupe, aujourd’hui, dans notre pays, un rôle de premier plan. Porteur d’engagements et facteur de cohésion sociale, le Mouvement Sportif est un acteur essentiel de la société civile et, à ce titre, un partenaire incontournable de l’ensemble des collectivités territoriales avec lesquelles il a établi des liens forts et multiples.

La réforme en cours des collectivités territoriales nous rappelle que le sport n’est dans aucune des compétences transférées par l’Etat. A ce jour, les différents niveaux territoriaux (commune, département, région) n’interviennent au bénéfice des activités sportives que sur la base de la clause de compétence générale. Pour l’avenir, il est vital que le projet de loi relatif aux compétences prévoie des segments relatifs au sport, clairement identifiés, par niveau territorial, afin d’échapper à des transferts importants de charges sur un seul échelon qui serait dans l’incapacité de les assumer totalement. Le CNOSF, fort de l’adhésion de 108 fédérations regroupant 180 000 associations, générant 170 000 emplois salariés, animées par 3,5 millions de bénévoles et dont 16 millions de licenciés sont membres, tient à souligner le rôle sociétal du sport et de ses acteurs, au service de toute la population.

Les missions d’intérêt général du mouvement sportif, doivent continuer à se développer dans notre pays. La diversité des pratiques et l’accueil de tous les publics constituent une valeur ajoutée concernant tout à la fois l’utilité sociale, l’éducation, le bien-être et la santé, l’aménagement du territoire, l’économie, l’emploi… L’avenir se construira sur la base de la confiance et la coresponsabilité. Le CNOSF présentera des propositions afin d’optimiser les équilibres nécessaires et que soient assurés les concours financiers indispensables aux missions du Mouvement Sportif. »

01/02/2010

OLYMPIA : L'AVIS DE JOE TRICHE

Le Conseiller général communiste, Conseiller municipal de Romilly, répond à nos questions.

Joë Triché, pouvez-vous faire le point sur la situation d’Olympia aujourd’hui ?
- Après la décision récente du Tribunal de commerce de mettre en vente le groupe Olympia, c’est d’abord le sentiment d’un énorme gâchis industriel et social qui me vient à l’esprit. Romilly se souvient, en effet, qu’il y a une dizaine d’années, Olympia employait plus de 1 000 salariés et réalisait 60 à 70 millions d'€ de chiffre d’affaires annuel. La réserve financière était de 20 millions d’€. C’était l’époque où toute la production était fabriquée à Romilly : 30 millions de paires de chaussettes. Après les "charettes" de 2000, 2003 et 2005 du fait des délocalisations et des importations massives, en pleine période de fêtes de fin d’année 2009, 102 salariés ont reçu leur lettre de licenciement. En 10 ans, cette casse de l’emploi a coûté plus de 10 millions d’€ d’indemnités de licenciement.

- La gestion et la stratégie industrielle sont sérieusement en cause ; dans une telle situation, les actionnaires et la dirigeante ne devraient pas pouvoir être exonérés de leur écrasante responsabilité. Les 47 ex-salariés, qui ont fait valoir leurs droits, ne sont en rien responsables de la situation puisque l’entreprise est endettée à hauteur de 13 millions d’€. Ce chiffre représente six fois plus que la condamnation de justice rendue par la cour d’appel de Reims. Si un repreneur industriel ne se manifeste pas, une fermeture totale est à craindre. Mais il doit s’agir d’un véritable repreneur industriel et non d’un financier venant faire des profits par tous les moyens possibles.

Vous avez su prendre vos responsabilités depuis le printemps dernier en étant à l’initiative d’une pétition pour l’octroi d’un prêt bancaire qui a recueilli 1 200 signatures, puis en portant des propositions concrètes et réalistes. Quelle démarche vous semble maintenant impérative ?
- Olympia a bénéficié d’importants fonds publics depuis 10 ans, une commission d’enquête indépendante s’impose afin de déterminer ce qui a conduit à une telle situation. Le préfet, représentant du gouvernement et qui porte une lourde responsabilité dans le dénouement de ce dossier, doit organiser une table ronde, avec toutes les parties concernées, afin d’examiner les propositions qui permettraient d’éviter la catastrophe.

- Le concours financier des banques reste indispensable pour investir et maintenir les emplois actuels. Fin 2009, la Bourse a enregistré une hausse de 22% alors que les entreprises, en l’occurrence les PME, rencontrent des difficultés pour accéder au crédit. Cela n’est pas normal. J’ajoute que l'argent des banques provient pour l’essentiel des dépôts mensuels des salariés, des ménages, retraites, pensions… et de l’épargne. Elles disposent donc d’argent gratuit qu’elles prêtent à des taux exorbitants pour engranger des profits ensuite réinjectés dans la spéculation sur les marchés financiers alors que l’économie réelle, celle qui créé de la vraie richesse par le travail et la production, traverse une crise sans précédent.

Aux niveaux local, départemental et national, le silence des élus est « assourdissant ». De quelle façon auraient-ils pu agir ?
- Depuis 10 ans, trop d’élus soutiennent la direction avec les résultats que l’on connaît maintenant. Dès que le jugement des 47 ex-salariés, a été rendu, Eric Vuillemin et le député UMP de la circonscription, François Baroin, s’en sont pris à la Justice alors que les victimes n’ont fait que défendre leurs droits. Ils espéraient les rendre responsables de la catastrophe aux yeux de l’opinion publique ; ce que j’ai refusé de cautionner dès le départ. Dès septembre 2009, j’ai écrit à au maire pour lui proposer de rencontrer ensemble le médiateur départemental du crédit. Je n’ai pas eu de réponse, alors qu’il prétendait « suivre le dossier heure par heure ». Au moment où je réponds à vos questions, personne ne peut dire comment tout cela va se terminer. Pour l’instant, aucun repreneur ne s’est manifesté. Le pire peut donc être envisagé à savoir la fermeture totale de l’entreprise avec la perte de tous les emplois à Romilly. Quel gâchis !
Propos recueillis par Dany Bouteiller

- Notre photo : Joë Triché et une délégation ont porté les pétitions à F. Baroin

29/01/2010

LE MAIRE DOIT RESPECTER LE CHOIX DES ROMILLONS !

Après avoir fermé la piscine sans aucune concertation, E.Vuillemin nous assurait avoir le concours financier "des" communautés de communes pour redonner à notre bassin de vie un équipement nautique.

- Pour cela 2 scénarios étaient envisagés : la restauration/extension de l’actuel site ou la construction d’une nouvelle piscine. Se voulant être un adepte de la démocratie participative, le premier édile entreprit une première consultation auprès de nos concitoyens qui dégagea une majorité pour l’option réhabilitation . Il s’ensuivit un débat au sein du Conseil municipal qui ratifia ce choix pratiquement à l’unanimité (moins deux abstentions).

- Puis vint le désistement des communautés de communes qui ne voulaient plus soutenir financièrement le projet. De nouveau, il fut proposé à la population romillonne deux choix, à savoir : toujours la réhabilitation/extension (coût d’environ 5 M€) ou la construction d’un nouvel équipement sur les Hauts-Buissons (coût entre 8 et 10 M€) à supporter par les seuls romillons.
Et rebelote ! On se lance dans un deuxième "sondage" avec en préalable, à grand renfort de publicité médiatique et dans les boîtes à lettres, un appel au vote pour les Hauts-Buissons (souhait personnel du maire inscrit dans son programme électoral !). Une réunion fut organisée sous la houlette de la première adjointe, madame Herszkowicz avec la présence de monsieur Allart qui expliqua qu’en l’état actuel des choses sa communauté de communes des Portes de Romilly ne pouvait pas participer au projet. Puis chacun se fit un devoir d’expliquer que le meilleur choix était sans doute la construction d’une neuve et à les entendre rien n’allait dans le bon sens pour réhabiliter l’ancienne, qu’il va falloir raser (si, si…), en faisant fi du devenir de l’emplacement actuel et des problèmes de transport que cela va engendrer pour les collèges Langevin et Saint-Joseph ! En fait, pour eux la messe était dite.

- Sauf que parmi l’assistance un monsieur posa la question : « et si les romillons choisissent le projet de réhabilitation/extension, que ferez-vous ? ». La réponse de madame Herskowicz fut sans équivoque : « nous suivrons leur choix ! ». Vint l’heure du dépouillement de ce sondage : 834 votants ce qui est un panel intéressant pour un sondage et très représentatif contrairement aux propos du maire : 16 bulletins blancs et nuls ; 393 pour la nouvelle piscine et 425 pour la réhabilitation (soit près de 51 %). Ainsi les romillons ont confirmé plus fortement leur choix de la première consultation. Et puis samedi 23 janvier, lors du Conseil municipal, Eric Vuillemin soumit au vote le projet retenu par ses soins à savoir … la nouvelle piscine sur le site des Hauts-Buissons. Malgré l’abstention de deux de ses colistiers et le vote contre des conseillers de l’opposition unanimes, le projet est entériné ! Circulez il n’y a plus rien à voir….

- Pour moi, c’est une conception peu démocratique de la vie locale et nous devons apporter une forte réprobation à cette manière de voir et de faire quelque soit l’opinion des romillons sur le choix qui était à faire. Eric Vuillemin, s’il est démocrate, doit respecter le vote des romillons dans l’intérêt de ceux-ci ! Sinon il n’y aura plus d’autre alternative pour notre population que de se mobiliser pour l’y contraindre.
Christian Barthélemy

27/01/2010

CONSEIL MUNICIPAL DU 23/01/2010 (2)

Ce qu'il faut retenir des autres questions traitées.

- Attendu en complément de la discussion sur Olympia, le débat sur l’emploi à Romilly a été repoussé au conseil du 16 février. Christophe Latrasse qui demande un bilan concret et chiffré sur cette question, deux années après que le candidat Eric Vuillemin en ait fait « la priorité des priorités », devra donc attendre. Tout comme C. Maitrot qui souhaitait que soit donné le nombre précis des demandeurs d'emploi à Romilly. Le maire ne reçoit-il pas chaque mois des informations relatives à ce fléau ? Son mutisme n’augure rien de bon…

- Cela ne mange pas de pain : presse locale et blogs ont été épinglés par Eric Vuillemin pour un prétendu "manque de respect" envers les personnes, notamment le personnel communal. Pour notre part, nous veillons au strict respect de l'éthique en usage dans ce domaine ; l'échange d'arguments contradictoires et la libre expression des opinions font partie, n'en déplaise au maire, de la vie démocratique.

- Elaboration d’un dossier d’appel à projets pour le contrat urbain de cohésion sociale 2010 en faveur des habitants de la Zone Urbaine Sensible du Nouveau Romilly.

- Transfert de parcelles communales à la région Champagne-Ardenne (emplacement du L.P Diderot et bâtiments annexes) et au Conseil général (emplacement du collège Le Noyer Marchand et bâtiments annexes).

- La mise en vente de la propriété communale situés 14, rue Paul Vaillant-Couturier est reportée. Elle fera l’objet d’une nouvelle estimation par les domaines.

- Aménagement du parking Langevin : des travaux de démolition et de construction vont être entrepris. Dans cet optique, les limites des propriétaires privés seront modifiées (avec leur accord).

- Convention d’occupation précaire liant la commune à la S.C.E.A de la ferme des Hauts-Buissons pour 4 années.

- Acquisition par la commune de parcelles appartenant à l’association foncière de remembrement de Romilly aux lieudits les Prés-Biottes, les Vieux-Moulins et Outre-Seine.

- Actualisation du périmètre du droit de préemption urbain.

- Remise gracieuse de pénalités de retard dans le cadre de la taxe locale d’équipement.

- Attestation de l’appartenance de la rue Henri-Barbusse au domaine public communal dans le cadre de l’aménagement de la place de l’Hôtel de Ville et de ses abords.

- L’ancienne caserne des pompiers sera cédée à la SARL NEKAO Rénovation. L’ensemble immobilier situé 18, avenue de la Liberté et 11, rue Jean-Moulin sera transformé en logements et en petite activité économique. La vente s’élève à 350 000 euros. Dommage que cet espace ne soit pas réhabilité par la commune qui aurait pu la mettre à la disposition des associations pour couvrir leurs besoins. Joë Triché a aussi émis l’idée de points de rencontre pour la jeunesse dans cet ensemble. Cela coûterait trop cher à la collectivité, selon M. Bonnefoi. Le projet économique (commerce et artisanat) devrait, selon lui, dynamiser le centre-ville.

- Création d’un emploi de rédacteur territorial et d’un emploi de chargé au développement économique au sein du personnel communal.

- Redéfinition du logement de fonction par nécessité absolue de service ou par utilité pour certains employés communaux.

- Réfection de trottoirs rue de la Chaumière, enfouissement des réseaux électriques et téléphoniques, refonte de l’éclairage public ; coût total : 30 383 euros.

- Renforcement de l’éclairage public et remplacement d’appareils vétustes dans divers endroits de la ville.

- Présentation du rapport annuel sur le prix et la qualité des services publics de distribution d’eau potable et de l’assainissement relatif à l’exercice 2008. Joë Triché a exprimé la nécessité que le contrat soit scrupuleusement respecté avec la société Véolia, notamment pour les branchements sans plomb.
Compte-rendu réalisé par Dany Bouteiller
- Lire le compte-rendu de la 1ère partie du CM

26/01/2010

CONSEIL MUNICIPAL DU 23/01/2010 (1)

Le Conseil municipal du 23 janvier, qui a traité 21 questions, a été marqué par un débat sur Olympia, un déni de démocratie pour l’implantation de la future piscine, le retour du « Coq Sportif » dans notre ville et le vote du budget.

En introduction, un instant de recueillement suite au séisme en Haïti a été observé. La Ville va verser 1 500 euros à la Fondation de France pour aider les victimes. Il s’ensuivit deux informations :
- Après la consultation sur l’aspect futur de l’école Robespierre, un "dégradé vert" servira de déco.
- D’autre part, l’emplacement de la future école Mignonnette sera débattu au Conseil municipal du 13 mars après une concertation avec les parents d’élèves et les enseignants.

CHOIX DU LIEU DE LA PISCINE : LA DEMOCRATIE BAFOUEE
- La seconde consultation populaire relative à l’emplacement de la future piscine a conforté la première : les romillons souhaitent majoritairement une réhabilitation-extension sur place, rue Jean-Moulin (425 voix pour, contre 393 en faveur des Hauts-Buissons). Seulement, maître Vuillemin en ayant décidé autrement, elle sera construite sur le site des Hauts-Buissons ! Pour faire avaler la couleuvre, la promesse d’une maison médicale de ville rue Jean-Moulin et l’évolution de la structure sportive aux Hauts-Buissons furent évoquées.

- Mais à quoi bon consulter la population si son avis est ignoré ? Cette attitude va discréditer les élus et Joë Triché s’est élevé contre une telle décision anti-démocratique. D’autant plus que d’emblée, le coût proposé par le maire pour une nouvelle piscine démontrait un montant égal à une réhabilitation. N’était-ce pas une contrevérité ? Une fois de plus, le contribuable romillon devra payer pour une infrastructure pour laquelle une économie substantielle aurait pu être réalisée. Claude Maitrot regretta l’organisation du vote et, bien que son souhait soit autre, il se rallia au vœu populaire. Finalement, l’opposition vota contre le site des Hauts-Buissons, 23 de la majorité pour. S’abstenant, Mme Petrequin et M. Berthier ont eu "l’honneur" de ne pas se mêler à la mascarade.

DEBAT SUR OLYMPIA :
- Peu disserte sur le dossier Olympia jusqu’alors, la classe politique locale put s’exprimer sur le sujet. Si le maire suit, paraît-il, le dossier heure par heure depuis le printemps, son silence est devenu une coutume au Conseil municipal concernant cette question. Pourtant, les faits sont là : dépôt de bilan, 102 licenciements, passif de 13 millions d’euros (6 fois plus que le montant du procès favorable aux 47 ex-salariés). Le 26 janvier, le Tribunal de commerce va se prononcer et si une solution économique n'est pas trouvée, les emplois restants risquent de disparaître. Cette fin serait synonyme d’énorme gâchis industriel et social au regard de l’histoire du groupe.

- Les propositions de Joë Triché de réaliser des actions communes avec le maire (entrevue avec le préfet...) se sont heurtées à des fins de non-recevoir, ce qui est fort dommage puisqu’au regard de l’enjeu, les élus devraient agir en concertation et passer outre les positionnements politiques de chacun.

- Aujourd’hui, que peut-il être fait face aux risques ? La venue d’un repreneur industriel avec le maintien des emplois est nécessaire. Si Christophe Latrasse a regretté la fin du textile à Romilly, il s’éleva contre le manque de contrôle des aides et fonds publics accordés à l’entreprise. Finalement, des dizaines de salariés subiront le chômage, résultat de la concurrence à outrance mise en place et orchestrée par le système ultralibéral actuel. Bien cynique désormais de faire croire à une digne reconversion dans un bassin d’emploi où le taux de chômage dépasse les 10%. La précarité engendrée est révoltante. L’actuelle Pdg, ex-avocate, pouvait-elle ignorer la loi en vigueur lors des différents plans de licenciement ? Claude Maitrot a regretté l’absence de prêts bancaires et le silence du maire. Ce dernier déclara être resté en attente de la décision de justice. Comme si rien n'avait pu être entrepris avant pour sauver les emplois ! Il juge le passif d’Olympia « relatif » et selon lui, la décision favorable aux 47 ex-salariés a déclenché les problèmes actuels. Des fonds publics serviraient seulement à éponger les dettes sans pouvoir être utilisés pour l’investissement.

- Les loyers dus à la ville par l’entreprise ne sont plus payés depuis fin octobre. La commune pourrait éventuellement aider sous conditions :
1°) qu’un maximum d’emplois soit préservé à Romilly,
2°) que le site y subsiste pour une durée incompressible.
C. Latrasse a émis des regrets sur le manque d’initiatives avec toutes les parties concernées autour d’une table ronde, afin d’examiner un plan de sauvegarde de l’emploi. Joë Triché a conclu en soulignant l’échec de la partie logistique tant vantée en 2005. N’était-ce qu’une alternative sans garantie pour « faire avaler » les licenciements de l’époque ou pour favoriser l’action de faveur de la majorité d’alors ?

BUDGET 2010 : ENDETTEMENT ET PROMESSES NON TENUES
- Présentant le budget 2010, Denys Prieur l’a résumé ainsi : maîtrise des charges sur l’ensemble des services, maintien des taux d’imposition, investissements, encadrement strict des dépenses de fonctionnement.

- Pour la gauche, ce budget est réalisé dans un contexte de crise, à l’heure où le gouvernement réforme les collectivités et par là-même attaque les communes. Le chômage s’est accru à Romilly comme dans tout le département de l’Aube. Aujourd’hui, 1 700 salariés aubois travaillent dans une entreprise sous contrôle judiciaire. La demande sociale risque donc de s’accroître davantage dans de telles conditions. Autre source d’inquiétude selon Joë Triché : si la Bourse "flambe", l’évolution de la politique monétaire va engendrer des emprunts plus onéreux pour les collectivités. Le phénomène d’endettement de la ville est source d’une hausse significative de ses charges financières et la stagnation des aides de l'Etat aux communes produit une chute de leur pouvoir d’achat.

- Romilly va accroître son endettement (4 millions d’euros auxquels s’ajoutent 3,5 millions pour les affaires économiques). La vente d'une partie du patrimoine communal va servir à couvrir partiellement les investissements, la vigilance s’impose. Claude Maitrot a dénoncé la baisse des services à la population et l’arrêt de la baisse des impôts locaux. Cette dernière est selon Denys Prieur une mesure de prudence ; il oublie que les promesses ont été légion dans ce domaine depuis 2 années ! Après avoir annoncé que la richesse "moyenne" par habitant avait augmenté de 2% (sans se poser la question de l'égalité de sa répartition), Eric Vuillemin s’est autosatisfait « d’un bon investissement » qui allait redonner une « attractivité » à la ville. Et si du patrimoine est vendu, la part restante sera « mieux entretenue » ! En conclusion, la population devra rembourser les dettes contractées par la droite locale tôt ou tard, la rigueur doit supplanter l’excès ! A Romilly, ce n'est pas la "gauche [qui] vit au-dessus de ses moyens" comme le déclarait récemment un homme de politique de droite, mais le amis politiques de ce dernier.

RETOUR DU COQ SPORTIF A ROMILLY :
- Annoncé dans la presse locale le matin même du Conseil, « le Coq Sportif » désormais filiale d’un groupe suisse va rapatrier « technique et prototype » de ses produits à Romilly. Journalistes locaux en nombre, télévision, rien ne manquait à la mise en scène savamment orchestrée… jusqu’aux larmichettes d'attendrissement du maire évoquant son appel téléphonique à la propriétaire actuelle des locaux où l’entreprise va élire domicile. Ce retour doit être effectif le 1er juillet avec une quinzaine d’emplois à la clé, la ville propose d’accompagner le projet en y installant le musée de la Bonneterie, cher à l’association « Patrimoine », dans les mêmes bâtiments.

- La commune va acheter le site pour 350 000 euros et le louera. Ce retour au "poulailler" d’activités, bien que minime, va droit au cœur des romillons qui y verront un fort symbole. La marque née sous l’égide de la famille Camuset est mondialement connue, elle appartient au patrimoine local. Toutefois, nous sommes loin du temps où le « Coq » employait 600 personnes dans notre ville avant de délocaliser totalement sa production. Et le projet actuel ne sera-t-il pas, à l'arrivée, un simple transfert d’activités depuis l’Alsace et l’Ile-de-France ?

- Joë Triché a émis deux réserves cependant : il souhaite une convention d’engagement en matière d’emplois et un loyer équilibré car « cette affaire ne doit rien coûter aux contribuables romillons ». Coutumier dans l’art de conclure les conseils municipaux, bien que n’ayant plus rien à dire avec le projet piscine, Guy Allard loua avec excès les mérites du maire dans cette opération. La partition fut interprétée sans fausse note.
Compte-rendu réalisé par Dany Bouteiller

20/01/2010

GROS PLAN SUR UN SERVITEUR DU SPORT

Ancien coureur cycliste renommé, dirigeant sportif, humaniste, citoyen passionné et engagé, homme de cœur... tels sont les principaux qualificatifs permettant de présenter Jacky Bouteiller.

Ce fan de Jean Ferrat, dont il possède la discographie complète, nous a accordé une interview sur son parcours où la bicyclette et le sport tiennent un rôle essentiel, sans omettre Huguette, son épouse et fidèle soutien.

- Quelle enfance as-tu connue ?
Je suis né le 1er aout 1934 à Troyes, rue Célestin-Philbois situéedans le Quartier Bas, dans une famille de 6 enfants : 4 garçons et 2 filles. Malade, ma mère fut hospitalisée dans un sanatorium. Ainsi, je me suis retrouvé placé, durant toute la durée de la guerre, par l’Assistance Publique, chez madame Brice, domiciliée à Le Breuil. Cette dame, dont le mari est décédé en déportation, était « dure », mais brave et attentive à la propreté et à notre alimentation.

- Peux-tu évoquer ton parcours professionnel ?
J’ai débuté, à l’âge de 14 ans, comme apprenti mécanicien cycles à Troyes. Mon employeur, également marchand de vélos, était aussi dirigeant d’un club affilié à la FSGT. Je fus, avant d’être recruté par la ville de Romilly comme employé communal, mécanicien cycles, apprenti bonnetier puis bonnetier. Dans notre ville, j’ai exercé les fonctions de concierge au lycée, puis géré le matériel scolaire destiné aux écoles et enfin, après un stage à l’Institut National des Sports, intégré l’équipe du stade municipal où j’ai terminé ma carrière comme agent de maîtrise. J’ai ainsi travaillé de 14 à 60 ans avec comme seule interruption, mon service militaire effectué à Romilly.

- Quelques mots sur ta famille ?
Je me suis marié avec Huguette, née Mangot, en 1954. Nous avons 4 enfants : Yves, Francis, Anne-Lise et Dany et le bonheur d’être les grands-parents de 4 garçons et 6 filles.

- Peux-tu me rappeler tes premiers coups de pédales ?
La dame, qui m’avait en garde durant l’indisponibilité de ma mère, possédait un vélo de femme qu’elle me confiait pour me rendre à la pharmacie la plus proche située à Ervy-le-Chatel. Ensuite, avant d’être apprenti, j’utilisais la bicyclette de ma mère pour effectuer des randonnées.

- Quelle fut ta carrière de coureur cycliste et ton palmarès ?
Première licence en 1949 au Club Omnisports de la Métallurgie, affilié à la FSGT. En 1960, pour des raisons professionnelles je quitte Troyes pour Romilly et adhère au Gazélec puis à la Prolétarienne, ensuite à l’USMR devenue RS10, club dont je suis toujours adhérent. J’ai arrêté la compétition en 1972, à l’âge de 38 ans, pour assumer entièrement mon rôle de dirigeant.

- Combien de victoires à ton actif ?
Je n’en connais pas précisément le nombre, mais surement plus d’une centaine dont plusieurs fois le titre de champion de l’Aube sur route et en vitesse.

- Quelle est, à tes yeux, la plus belle de toutes ?
Le prix Buck, épreuve de 120 km avec la participation de coureurs de la Côte d’Or, de la Haute-Marne, de la région parisienne, etc. Je l’emporte alors que je ne suis âgé que de 16 ans. Autre victoire à laquelle j’attache aussi beaucoup de valeur et d’importance : « le Prix du Souvenir » à Chenôve (21), course organisée à la mémoire des Déportés. Je termine vainqueur de ma catégorie et mon frère André gagne en cadets. Ensemble, nous avons déposé nos gerbes au monument aux morts.

- Quelles étaient tes principales qualités de coureur ?
Sprinter et rouleur, j’étais beaucoup moins à l’aise dans les côtes.

- Que t’a apporté la pratique de ton sport favori ?
Coureur pendant 23 ans et dirigeant depuis 50 ans, le sport en général et le cyclisme en particulier, ont donné un sens à ma vie et m’ont incité à participer à la vie associative. J’ai eu le bonheur de travailler, notamment à la FSGT, avec des hommes exceptionnels tels que René Moustard.

- Comment vois-tu l’évolution du cyclisme ?
Je suis assez pessimiste sur le développement du cyclisme de compétition. Ce sport attire peu de jeunes ; le vélo demande beaucoup de sérieux et de sacrifices avec un entraînement régulier. Il impose beaucoup de « souffrances » et une hygiène de vie rigoureuse. Le coût de l’équipement, minimum 800 €, est aussi un frein important. La pratique de cette discipline présente aussi quelques dangers et les parents hésitent à laisser leurs enfants s’entraîner sur des routes où ils côtoieront d’autres utilisateurs susceptibles de représenter un danger. Nous souffrons aussi d’une contre-publicité liée aux problèmes de dopage. L’avenir du vélo penchera, selon toute vraisemblance, dans une activité de loisirs. A 75 ans, je me contente de rouler, entre 50 et 60 km, tous les 3 jours.

- Tes enfants assurent-ils la relève ?
Tous ont pratiqué ce sport, mais celui qui a été « vacciné » par un rayon de bicyclette, c’est Dany qui a pris mon relais. Parmi mes petits-enfants, seul Nicolas, âgé aujourd’hui de 26 ans, s’est un peu lancé dans le vélo.

- Suis-tu le Tour de France et autres grandes « classiques » ?
A la télévision, je ne rate aucune étape du Tour de France et suis aussi les grandes classiques telles que Paris-Roubaix... Je regrette le business du sport professionnel, source de « magouille », doping...

- Quel autre sport a tes faveurs ?
Je suis un fanatique de la boxe. Sa culture physique est identique à celle du cyclisme. Il faut beaucoup de courage pour pratiquer ce sport très dur. Les professionnels devraient être harnachés comme les amateurs et je regrette que les arbitres arrêtent trop peu de combats avant le K.O.

- Quel regard jettes-tu sur l’évolution du sport en général ?
La commercialisation prend le dessus, on marginalise le sport populaire et de « masse », pourtant détecteur d’athlètes de haut niveau. On s’oriente vers un sport « spectacle » et le sport loisirs risque malheureusement d’être, à l’avenir, attribué au privé. Le sport amateur risque de connaitre de graves problèmes avec les réductions, sous l’égide de l’Etat, des subventions envers les clubs, comités, fédérations... et les suppressions des directions départementales Jeunesse et Sport, d’un CREPS sur deux, de postes d’enseignants d’EPS... Ces réductions et suppressions n’ont qu’un seul but : moins de services, de personnel, de financements. Si cette politique va à son terme, on aboutira à moins de sport associatif, des difficultés supplémentaires pour les familles, et à des inégalités accrues dans l’accès au sport.

- A Romilly, le nom de Bouteiller est synonyme de vélo ; quelles impressions te donne cette « gloire », même si elle n’est que locale ou régionale ?
Je n’en suis pas franchement flatté ; je reste modeste, même si, bien évidemment, ce sport, compagnon de toute une vie, m’a beaucoup apporté : rencontres avec des être exceptionnels, déplacements à l’étranger et découvertes de pays tels que : Russie, Tchécoslovaquie, Tunisie, Irlande...

- Peux-tu évoquer tes engagements politiques ?
Ancien membre du PCF, je suis surtout un pacifiste farouchement opposé au recours des armes. De gauche, j’affirmes mes idées, mais pas d’ambiguïté, je reste communiste de cœur ! Un de mes plus grands rêves, la visite de Cuba, s’est réalisé et je n’ai pas été déçu.

- Quelles fonctions as-tu assurées au sein de la FSGT ?
Adhérent à cette fédération depuis mes débuts dans le cyclisme, j’ai contribué à la création d’une commission départementale cycliste dans notre département. Membre du Comité Départemental FSGT, puis Président, j’étais également membre de la commission fédérale de cyclisme FSGT. De nos jours, simple membre de la section cycliste du RS10, je fais partie de la commission des « sages » au niveau fédéral. Tous ces engagements bénévoles m’ont valu l’attribution des médailles de bronze et d’argent de la Jeunesse et des Sports.

- Quel fut le rôle de ton épouse dans ton parcours ?
Essentiel : Huguette, mon épouse, m’accompagne depuis toujours, comme dirigeante d’un sport qu’elle aime véritablement. Elle occupe actuellement les fonctions de trésorière du Comité départemental, secrétaire de la commission cycliste de l’Aube et secrétaire de la section cycliste du RS10, présidée par notre fils Dany. Elle a, en m’épaulant et en me soutenant, apporté énormément à ma « carrière sportive». Je lui dois beaucoup.

- Quelle est ton appréciation sur notre ville ?
Romilly manque cruellement d’animations et perd continuellement des emplois. Elle est peu attrayante et on peut s’interroger sur les critères attirant de nouveaux habitants. Je suis en complète opposition avec la municipalité qui a récemment décidé d'imputer de nouveaux coûts à la charge des associations tels que : location de locaux, matériels... alors que ces dernières sont à l’origine du peu d’activités et d’animations de notre cité.

- As-tu d’autres hobbies ?
Essentiellement, le bricolage : mécanique, peinture, électricité... sans être un expert, je suis « un touche-à-tout ». Je « bricole » également les vélos du club.
Propos recueillis par André DIOT

09/01/2010

NOUVELLE PISCINE : PRESENTATION TRES PARTISANE !

Un auditoire dont la faiblesse, environ 80 personnes, était sans nul doute liée aux conditions climatiques du jour, a assisté, jeudi 7 janvier, à la réunion de présentation, organisée par la municipalité, des projets d’implantation de la future piscine.

- En l’absence du maire, non excusé, Annie Herszkowicz et Guy Allard ont assuré la présentation et animé le débat. A l’origine, en sus de la ville de Romilly, 3 communautés de communes : Plancy, Marigny-le-Châtel et les Portes de Romilly, envisageaient une implication dans son financement, mais toutes ont renoncé - pour des raisons économiques - à investir dans ce projet, désormais porté uniquement par notre ville. Pour les Portes de Romilly, les investissements projetés à court terme ( 18 millions d’€ ) ne lui permettent pas de s’engager, mais l’hypothèse de rejoindre le projet n’est pas abandonnée.

Les 2 projets présentés :
1) HAUTS-BUISSONS : surface disponible importante (10ha) ; amorce d’un pôle sportif ; futur agrandissement possible avec un centre de bien-être ; surface du plan d’eau augmenté de 25% ; extensions ludiques ; accès routiers facilités ; grand parking (120 000 visiteurs espérés) ; construction d’emblée ; éloigné du centre ville mais une organisation de transport est à l'étude ; coûts estimés à 6 million d’euros avec subvention espérée de 35 à 40% ; délai: 4 ans.
2) JEAN-MOULIN : rénovation-extension ; 1,5 ha disponible ; seuls les bassins peuvent être conservés mais risquent d’être inutilisables après démolition de la structure non récupérable ; parking insuffisant ; proximité de la maison de retraite ; proche du centre ville et des écoles ; coût estimé à 4 millions d’euros susceptibles d’une subvention de 15 à 20 % auxquels s’ajoute un coût estimé à 2 millions d’€ pour la démolition.

- Au vu de cet exposé, on retiendra que la municipalité a donné une présentation partisane, ne présentant que les atouts du site des Hauts-Buissons sans évoquer, par exemple, les coûts du parking, des VRD, etc. même si elle ne peut nier de la proximité du site actuel avec le centre ville et les écoles. Si une majorité "ECRASANTE" se dégage lors de la consultation, le projet Jean-Moulin sera retenu, a affirmé Guy Allard. La ville étudierait également des solutions d’investissements avec des partenaires privés.

- Des interventions du public, on citera que : la municipalité ne tient pas compte de l’avis des habitants recueillis lors de la première consultation ; depuis un an et demi, le projet n’a pas avancé ; l’entretien de la piscine n’a pas été assuré pendant les 20 dernières années ; on pourrait s’inspirer de la rénovation de la piscine des Chartreux ; une gestion privée entraînerait des prix d’entrée élevés...

- En conclusion, l'impression donnée est que la majorité municipale a déjà choisi le futur emplacement de la piscine : le site des Hauts-Buissons. Espérons malgré tout que, si la population confirme le choix qu’elle a déjà exprimé lors de la 1ère consultation, à savoir très majoritairement la réhabilitation et l’extension de la piscine Jean-Moulin, le maire et sa majorité en tiendront compte. Autrement à quoi bon demander l’avis aux romillonnes et romillons ?
Vous pouvez voter en mairie jusqu'au 20 janvier.
Compte-rendu réalisé par André Diot

08/01/2010

OLYMPIA : UN CAS D’ECOLE DU CAPITALISME

Olympia, usine emblématique du bassin d’emploi romillon, est la dernière entreprise textile.

- Après de nombreux plans sociaux, le bilan démontre que le système capitaliste est un échec pour les salariés. Le déficit est énorme ; il démontre bien que la gestion d’une entreprise laissée au seul patron est une véritable catastrophe pour les salariés, elle se conclut par la précarité et le chômage massif. L’état laisse faire et regarde passer les plans sociaux en prenant quelques mesures : il fait croire aux salariés qu’une cellule de reclassement dans un bassin d’emploi qui est à 10 % de taux de chômage (sinon plus) pourra leur permettre de retrouver un emploi digne de ce nom.

- Le député UMP de la circonscription (F. Baroin,) inexistant dans l’action, ne présente aucune solution alternative qui pourrait sauvegarder l’emploi et l’activité industrielle. Le maire de Romilly, plus préoccupé de sa communication que du sort des salariés, suit évidement l’idéologie de droite basée sur une économie de marché sans contrainte, ne supportant pas la résistance syndicale. D’ailleurs, il envisage de « délocaliser » les organisations syndicales hors du centre-ville pour ne pas gêner les employeurs (et lui-même), avec les contestations sociales.

- De plus, sa stratégie a été d’opposer les ex-salariés et leur avocat aux salariés restant dans l’entreprise. Ceci a été une manœuvre grossière, car ce ne sont pas les 47 salariés qui ont créé un peu plus de 10 millions d’€ de déficit (passif d’Olympia hors frais de procès).

- Et que dire de l’attitude de Romiscope, bien éloigné du terrain social, qui se permet d’ironiser sur la venue du secrétaire général de la fédération Textile CGT pour défendre les salariés et mettre en débat des propositions : était-ce un crime ? Les seuls qui, dès le début, ont alerté la population ainsi que les pouvoirs publics sont les communistes, notamment le Conseiller général Joë Triché, afin de trouver des solutions pour garantir aux salariés des perspectives d’activité industrielle pérenne assurant leurs emplois sur le long terme. Il est bien dommage de ressortir une haine d’un autre temps concernant les communistes et les organisations syndicales.

- Tous ensemble, mieux vaudrait réfléchir à des solutions pour que notre bassin d’emploi retrouve sa vitalité d’il y a une trentaine d’années, quand la ville de Romilly était désignée ville la plus dynamique de Champagne-Ardenne (avec une municipalité de gauche et un maire communiste), que de ressortir une rhétorique méprisante et condescendante vis-à-vis de personnes qui contestent l’ordre établi de manière constructive.
Christophe Latrasse
Syndicaliste, Conseiller municipal de Romilly

05/01/2010

BONNE ET HEUREUSE ANNEE 2010 !

Au seuil de cette nouvelle année, notre espace citoyen, "Romilly, une ville pour tous" souhaite beaucoup de bonheur aux romillonnes et romillons.

- Notre cité ne manque pas d’atouts, c’est pourquoi, nous sommes persuadés qu’elle peut retrouver la vitalité qui lui permettra d’effacer une année 2009 très difficile. En effet, le chômage a atteint un niveau jamais atteint jusqu’alors avec plus de 1 000 demandeurs d’emploi, alors même qu’à la SIRC, plusieurs dizaines de nos concitoyens vivent dans l’angoisse et que le coup de grâce a été donné à 102 licenciés chez Olympia.

- Une meilleure gestion de l’entreprise doit permettre de stopper cette spirale infernale en 2010. Dans cette affaire, la classe politique doit soutenir l’emploi, élaborer des propositions et prendre ses responsabilités, comme a su le faire Joë Triché, adoptant une attitude qui contraste avec l’immobilisme de monsieur le maire.

- Une autre politique doit aussi permettre de juguler l’endettement dans lequel notre commune s’enlise puisqu’il a atteint l’inquiétant record de 37 millions d’euros en 2009. Les romillons sont d’autant plus inquiets sur ce problème que les mesures gouvernementales (baisse des compensations de l’Etat, suppression de la taxe professionnelle...) n’encouragent pas à l’optimisme. La baisse des impôts, promesse électorale d’Eric Vuillemin, risque d’être irréalisable à court terme. En 2009, elle a été bien loin des objectifs proclamés. D’autant plus que les mesures sécuritaires excessives : vidéosurveillance, police municipale (contestée pour ses excès de zèle), et bientôt fourrière, grèveront encore plus le budget de la ville. Sans doute ces dépenses inconsidérées sont-elles la cause du manque de projets concrets concernant la future piscine, le marché couvert ou la maison du droit et de la justice promis.

- La population reste vigilante, elle a su se faire entendre en ce début d’année en se joignant aux grèves nationales pour mobiliser près de 500 personnes lors des manifestations locales. Les parents d’élèves de l’école Mignonnette ont bloqué l’école pour se battre contre la fermeture d’une classe au printemps ; ceux d’Eugénie-Cotton se sont élevés avec force au cours de l’automne contre la destruction sans reconstruction sur place voulue par le maire. Eric Vuillemin tente d’ailleurs d’imposer une nouvelle carte scolaire élaborée sans concertation suffisante mais répondant aux visées gouvernementales de destruction de l’emploi (30 000 suppressions de postes dans l’éducation nationale en 2 ans). Ces options politiques ne sont pas étrangères aux pressions et à l’entêtement à l’égard des syndicats que la municipalité rêve d’exclure de la Bourse du Travail afin d’opérer des travaux, mais après ?

- Souhaitons à la vie associative romillonne de retrouver ses belles couleurs en 2010. Mise à mal par des tentatives de destruction, elle a su se mobiliser (pétition en faveur de l’aérodrome), investir le conseil municipal avec le RS 10 football, le club omnisport mettant la municipalité au tribunal administratif, etc. Des actions jamais imaginées jusqu’à ce jour. Il faut dire que l’acharnement à son égard à des accents surréalistes : voilà désormais que les bénévoles qui animent la ville devront louer le matériel municipal mis à sa disposition ! N’a-t-il pas été payé avec leurs impôts ? Veut-on les décourager et ne plus rien voir organiser à Romilly ?

- Notre espace citoyen se réjouit de ses justes résistances. Forces politiques, sociales, associatives, femmes et hommes des courants progressistes dans toute leur diversité, tous ceux qui font face à la politique de la droite doivent se rassembler. Toutes les idées visant aux changements doivent s’exprimer sans exclusive ni à-priori. Nous sommes lassés des promesses non tenues, des opérations de communication stériles, des actions électoralistes.

L’alternative de changement à Romilly doit passer par un rassemblement à gauche, notamment sur les bases des valeurs de justice sociale, de lutte contre la pauvreté, de la solidarité, de l’éducation et de l’associativité.

MEILLEURS VŒUX A TOUS !

21/12/2009

CONSEIL MUNICIPAL DU 12/12/2009

"J'y étais, j'ai vu, j'ai entendu : mes impressions, mon parti pris" par Ginette Triché.

Un conseil qui a commencé tout en images : diapos sur les travaux dans les écoles Robespierre et Gambetta, sur les travaux du parking Pasteur et en couleurs, on a même eu droit aux simulations des couleurs sur les bâtiments scolaires : de l’arlequin au gris en passant par le mixte. Ce qui a provoqué cette petite pointe d’humour de Joë Triché : « le rouge vif et le bleu pâle me vont bien ! »

- Comme on aurait aimé se laisser aller dans cette quiétude du moment. Mais la réalité est là : fermetures d’écoles, chômage, vie associative mise à mal, associations caritatives surchargées avec l’augmentation des difficultés des familles, budget de la ville avec des rentrées financières plutôt incertaines du fait des réformes prévues… D’un côté, le maire, Eric Villemin et sa majorité qui confondent volontarisme souhaitable et nécessaire d’autant que Romilly a souffert d’un « immobilisme » dommageable ces dernières années et, méthode Coué : « je ne tiens pas compte des réalités, je fonce droit… dans le mur ! » Au profit de qui ? Et qui va payer ? Un maire et sa majorité qui confondent concertation, certes insuffisante aussi dans les années précédentes, et recherche d’un plébiscite pour leurs projets.

- En face, l’opposition m’est apparue unanime dans sa protestation, sa contestation et dans ses propositions où chacun a apporté sa contribution (voir le blog de H. Guérin) et où l’expérience de Joë Triché et celle de Rolande Barthélémy ont permis de bien pointer les responsabilités et d’enrichir les propositions. Un fait qui mérite aussi d’être souligné, il y a eu unanimité dans tous les votes de l’opposition.

LA VIE DES ROMILLONS SUR DOSSIERS
Ecoles : rénovées c’est bien , efficaces c’est encore mieux !
- Rénovations des écoles Robespierre et Gambetta ; fermeture de l’école maternelle Langevin pour la rentrée 2010 ; démolition du groupe scolaire Eugénie-Cotton en 2012 ; refonte de la carte scolaire avec bouleversements dans la répartition des élèves. Certes, des travaux et des investissements importants sont prévus -1,8 millions €- pour la rénovation des écoles mais comme l’a rappelé Joë Triché : « les écoles sont de la compétence communale, il est donc normal et nécessaire de le faire ». Il a demandé que ceux qui utilisent les écoles, élèves et enseignants, soient consultés sur les aménagements. Ce sera fait ! Concernant la suppression d’Eugénie-Cotton, constatant que les 2 fédérations de parents d’élèves FCPE et PEEP se disaient contre cette disparition, il a demandé que leur parole soit écoutée et entendue et que la décision du maire soit revue. Enfin il a alerté : « de belles écoles c’est bien, mais pour quel enseignement ? [...] avec combien d’enseignants ? 14 000 postes ont été supprimés en 2009 et 16 000 sont prévus en 2010, l’enseignement de l’histoire et géographie est remis en cause [...] Pour qu’il y ait égalité des chances et de réussite de tous les enfants, il faut des moyens ». Je ne peux qu’encourager les parents d’élèves, la population à rester vigilants et actifs pour assurer l’avenir des enfants et des jeunes.

Piscine : toujours à sec !
Le maire a annoncé 2 options :
- soit sur le site actuel : réhabilitation avec extension,
- soit sur la colline des Hauts-Buissons dans le cadre d’un budget déterminé, la communauté de commune ne voulant pas s’intégrer dans ce projet.
Des questionnaires seront remis à la population, des réunions publiques organisées. Mais tout ce déploiement de « concertation » ne sert qu’à masquer la réalité. C’est un échec du maire et de sa majorité concernant la participation financière des communautés de commune de notre bassin de vie. Ce seront les romillons seuls qui devront financer cet équipement pourtant d’utilisation intercommunale. Cela fait plus de 18 mois que la piscine est fermée et que rien de concret n’est encore en route malgré une première consultation (favorable à la réhabilitation sur place). C’est inacceptable, il devient urgent que les romillons s’en mêlent.

Centrale solaire au grand jour, mais l'emploi toujours dans la pénombre :
- Le président de la communauté de communes, M. Allard, a annoncé la signature du permis de construire de la centrale solaire sur l’aérodrome. C’est un investissement de 30 à 35 millions d'€. Il est prévu une production d’électricité en 2111 et une recette de 200 000 € par an pour la communauté de commune. Lors de cette question, l’interpellation de Claude Maitrot sur l’emploi a provoqué un débat contradictoire sur le concret à Romilly. En dépit des annonces faites, du volontarisme proclamé des élus majoritaires, de l’activité surmédiatisée de la MEFER, il y a plus de 1 000 chômeurs à Romilly, en augmentation de 2% (il y a donc plus de suppressions que de créations d'emplois) et ceci sans prendre en compte la situation à la SIRC et d’Olympia.

- Une anecdote qui en dit long sur les effets d’annonces et la réalité : d’après le maire, 2 entreprises « secrètes » devaient créer 15 emplois chacune. Cela n’aura pas lieu « du fait de l’activité aéronautique » ! Il y a pourtant assez de friches industrielles à Romilly, mais comme par hasard « les employeurs ne voulaient être que sur l’aérodrome ». Avec cette méthode, le maire pourra se targuer d’avoir voulu éradiquer le chômage avec des entreprises « virtuelles », et il trouvera bien un romillon ou une association « fautifs » pour dire que cela n’a pu se faire. Dans ce domaine encore, on ne peut pas attendre des miracles de mesures qu’on nous ressort depuis des lustres mais il faudrait innover, se mobiliser fortement pour obtenir du concret et être exigeant. Au 21ème siècle, avec tous les progrès, les connaissances et les moyens mis à disposition, il est consternant de voir que le droit à un travail décent et bien rémunéré est encore un luxe et non une réalité pour chacun.

Vie assiociative : les paroles et le concret
- M. Hosdez a indiqué les tarifs de locations de matériel (chaises, tables, podium, barrières…) applicables aux associations de Romilly ainsi que ceux pour la mise à disposition de 2 bus et 2 minibus : gratuité pour les AG des associations romillonnes, pour celles à caractère humanitaires, repas de quartiers, au personnel communal une fois par an, à la MEFER, à la ville de Nogent/Seine selon une convention ; 50% pour les associations « d’utilité » pour la ville ; plein tarif pour les autres.

- Comme l’a très bien démontré Rolande Barthélémy avec un exemple chiffré, le paiement des véhicules municipaux sera insupportable pour les associations sportives ou culturelles. Par contre, elle s’est dit ne pas être opposée, pour responsabiliser les demandeurs, au paiement d’un dépôt de garantie en cas de matériel dégradé ou disparu. Par son refus de revoir sa position, le maire s’est trouvé pris en flagrant délit. Entre les discours d’apaisement aux associations et les actes, il y a un monde. L’opposition a voté contre. Les associations, déjà bien mobilisées continueront, je pense, à tout faire pour préserver ce patrimoine associatif qui est une richesse pour Romilly.

Maison de la Justice et du Droit : la répression avant tout
- L’annonce par Denys Prieur du retrait des investissements prévus (3 600 000 €) pour la maison de la Justice et du Droit qui devait voir le jour en 2010 a fait vivement réagir l’opposition. Claude Maitrot devait notamment déclarer : « le maire préfère développer une politique sécuritaire, police municipale, caméras plutôt qu’une politique de prévention ». Refus de vote unanime de l'opposition sur la décision modificative du budget 2009.

Orientations budgétaires 2010 : autre question d’importance
- De l’intervention de Joë Triché, on pouvait notamment retenir que « les éléments communiqués dans le rapport font apparaître que le maire et sa majorité ont décidé, malgré les promesses électorales rappelées à chaque occasion, de stopper la baisse des impôts locaux ; on sera bien loin d’une diminution chiffrée à 4,5 millions d'€. Ainsi en 2010, du fait de la revalorisation des bases d’impositions les ménages paieront plus. Par contre, cela n’empêchera pas la ville de poursuivre son endettement. 4 millions d'€ d’impôts sont nécessaires pour le budget principal et 3,5 millions d'€ pour le budget annexe des activités économiques. 930 000 € seront aussi empruntés pour les budgets Eau/Assainissement » ; et l'élu communiste de préciser encore : « la mise en œuvre de ce budget ne permettra pas la réalisation de la Maison de la Justice et du Droit reportée aux calendes grecques ».

- D’entrée de jeu, il a planté le décor en inscrivant la préparation de ce budget dans le cadre des réformes que veut imposer Sarkozy aux collectivités territoriales : suppression de la taxe professionnelle, entre autre : « avec cette suppression, la part des ménages représentera 75% du produit fiscal local, celle des entreprises sera de 25% alors qu’elle est actuellement de 50/50% ». Et de rappeler que « le maire, fidèle soutient du président de la République, faisait partie des 700 maires triés sur le volet pour participer à la rencontre qu’il avait organisée dans le but de dégonfler la grogne et colère générale des élus toutes tendances confondues ne dit mot sur les conséquences de la politique décidée par l’UMP pour les collectivités [...] rien n’est dit dans le rapport sur les conséquences de l’augmentation du chômage pour les communes avec une demande sociale plus forte [...] pas un mot non plus sur la baisse des compensations de l’Etat pour les exonérations fiscales qu’il accorde, ceci se traduisant par la baisse de recettes pour la commune [...] rien encore sur la baisse du complément de garantie. Il représente dans le budget de la ville 1,7 millions d'€, donc nouveau manque à gagner [ et aussi ] aucune observation sur la baisse de la dotation globale de fonctionnement attribuée par l’Etat limitée à 0,6% alors que l’inflation communale représente 2,6%, cela se traduisant par une baisse conséquente de pouvoir d’achat de la ville de Romilly ».

- Peut-être un peu agacé, le maire lançait à l’opposition : « on croirait entendre les descendants des Incas qui prévoyaient la fin du monde en 2012 » ; Joë Triché répliquant du tac-au-tac : « vous, vous vivez sur une autre planète en refusant de voir les réalités sociales : chômage, Restos du Cœur qui débordent et dossiers de surendettements qui explosent ! » Après être intervenu, chacun selon sa sensibilité, pas étonnant dans ces conditions qu’à l’unanimité les élus de l’opposition aient rejeté les orientations budgétaires du maire.

Autres questions traitées :
- Retrait des communes d’Origny-le-Sec et d’Orvilliers-Saint-Julien du syndicat intercommunal pour la gestion et la construction du nouveau CES de Romilly : vote pour.
- Mise en place d’un atelier Seniors : Rolande Barthélémy s’est étonnée : « il y a déjà des associations qui proposent ces services » ; Marie-Thérèse Lucas précisa : « il y avait des demandes et que cela n’entravera pas les autres associations »: vote pour.
- Retrait de la délibération portant cession de la parcelle BX n°21 : vote pour.
- Recensement de la population 2010 et tarification : 840 € par agent, 3 agents prévus, 120 € du kilométrage : vote pour.
- Admission en non-valeur de produits irrécouvrables sur le BP 2009 pour un montant de 2 283,93 € : vote pour.
- Attribution d’un premier acompte de 240 000 € au CCAS de Romilly pour l’exercice 2010 : vote pour.
- Subvention exceptionnelle pour le collège Langevin pour financer un voyage en Allemagne : vote pour.
- Participation aux dépenses de fonctionnement de l’école Saint-Anne, le forfait communal passe 350 € à 500 € soit une augmentation de 42% : vote contre.
- Création d’une fourrière municipale pour les véhicules. Prévue au départ pour enlever les épaves, aujourd’hui ce service se fait répressif et a pour but de lutter contre les stationnements « anarchiques » : vote contre.
- Association Radio Aube & Seine : versement d’un acompte : vote pour.
- Versement d’un acompte à l’association Romilly Handball : vote pour.
Ginette Triché

14/12/2009

LE RS10 TIENT DEBOUT !

Vendredi 11 décembre se tenait l’assemblée générale du RS 10, plus grand club sportif de Champagne-Ardenne.

Ce fut l’occasion pour le président Mignot d’établir un rapport moral sans concession alors qu’il ne renouvelait pas son mandat. Pourtant, malgré l’acharnement de la municipalité Vuillemin, le RS10 tient debout.

DES RELATIONS DEPLORABLES AVEC LA VILLE :
S’il s’est félicité de la subvention municipale, des projets de la salle de gymnastique (malgré l’intervention du président de la section qui a regretté que l’ouverture soit repoussée à 2011 dans l’hypothèse la plus optimiste), du dojo et de la piscine, le président fut très critique dans de nombreux domaines :
- La réfection du siège social et du matériel n’a pas été autorisé, une vérité qui fit dire à M. Mignot qu’il « avait honte de recevoir des élus et des partenaires dans ces locaux ». Et que penser des conditions de travail du personnel alors ?
- Autre souci, l’arrêt du projet de construction de la salle de gymnastique, repris par la ville. « Encore 2 saisons à tenir dans des conditions lamentables ».
- Audit structurel du club sans retour des conclusions
- Suppression de la femme de ménage pendant 4 mois.
- Les conventions pour le dojo, le siège social, l’équitation pas honorées ou renouvelées malgré les promesses de M. Allard.
- Relations très tendues avec la ville : « depuis 4 ans, tout a été fait pour déstabiliser la section foot et l’annonce du repli sur le terrain des Droits de l’Enfant en juin a été reçu comme un diktat, une punition, une injustice. »
Il s’en est suivi la démission du comité directeur le 24 juillet et une remise des clés du club au maire. Du jamais vu à Romilly !
- Augmentation de la charge de travail des sections pour la demande de subventions et l’idée tenace d’opposer romillons et non-romillons.
- Rupture du dialogue par le maire en automne, mise au tribunal administratif par le RS10 pour non-respect du traité de fusion datant de 2003.
- D’autre part, comment interpréter les propos du maire dans le bulletin d’informations municipales parlant de « manque de sérieux et de sportivité » des dirigeants du RS10. Aux propos diffamatoires, un droit de réponse s’impose !
Voir notre article à ce sujet.
- De plus, l’éthique sportive, le rôle éducatif des dirigeants, du respect des arbitres sont à valoriser, pas seulement les meilleurs résultats.

Francis Mignot termina son rapport en s’adressant au maire : « êtes-vous politiquement correct ? » Soutenant les propos de leur président, les participants à cette assemblée générale lui ont réservé une véritable ovation à la fin de son intervention. Pourtant, le RS 10 et ses 2 090 adhérents méritent une meilleure reconnaissance, s’autofinançant à 66,34%, grâce à une gestion stricte et rigoureuse, ses finances sont saines. Le travail de ses 230 bénévoles permanents encadrant 900 jeunes mérite le respect.

DES RESULTATS PROBANTS :
- Côté sportif, les résultats sont positifs. La section cyclisme et la section gymnastique ont apporté des podiums dans les championnats de France, le tennis de table évolue en « national ». Des titres et des médailles au niveau départemental et régional ont récompensé les efforts des sections athlétisme, cyclisme, équitation, gymnastique, karaté, tennis, tennis de table et tir à l’arc. Les sélections aux différents championnats nationaux , comme les engagements en « régional » démontrent une remarquable vitalité. Si la qualité de l’encadrement permet d’atteindre le meilleur niveau pour les sportifs, la pratique du plus grand nombre et les bienfaits qui en résultent sont des valeurs toujours présentes au RS 10. Chacun évolue en fonction de ses objectifs.

UN MORAL A TOUTE EPREUVE :
- Les difficultés, les attaques, les propos diffamatoires n'ont pas entamé la détermination des adhérents ; certaines que l’unité est une force, les 23 sections sont solidaires. Le club continuera son action envers les scolaires, les handicapés moteurs et cérébraux, les patients dans le cadre de l’éducation thérapeutique, en plus de son fonctionnement actuel.

- Les interventions d’Eric Vuillemin , répondant aux adhérents, n’ont rien apporté de nouveau, un discours rassurant, similaire à celui entretenu depuis de nombreux mois. Sera-t-il suivi de nouveaux coups bas ? le club en subit les conséquences, c’est une mauvaise habitude.

- Le conseiller général Joë Triché, en félicitant et en encourageant les dirigeants et sportifs, a attiré l’attention sur les risques de la réforme des collectivités territoriales qui, si elle est appliquée comme son projet en fait état, limiterait fortement les aides apportées aux clubs sportifs et structures culturelles. Au regard de la politique qu’il subit, le sport est mis à mal et n’est pas aidé comme il se doit par la politique nationale.

- Quant au représentant de la Jeunesse et des Sports, après quelques précisions techniques et administratives, il a confirmé la suppression des Direction Départementales de la Jeunesse et des Sports en 2010.

- Les bases du grand club romillon sont solides : rigueur, solidarité, unité, travail pour former et donner une éthique aux pratiquants y sont les maîtres-mots. Le nouveau président Jean-Marie Migeotte et son comité directeur garderont cette ligne de conduite.
Dany Bouteiller